C’est une exclusivité Kewoulo. Au moment où ces lignes sont écrites, Abou Ndiaye, le violeur présumé de la gamine sénégalaise de la Mecque est dans la cave du tribunal de Dakar. Il a été arrêté hier par les hommes du commandant Abdou Mbengue, le patron de l’élite de la gendarmerie nationale. Retour sur un scandale que les diplomates sénégalais ont cherché par tous les moyens à étouffer.
L’affaire du viol répété de la gamine sénégalaise de la Mecque vient de connaitre un rebondissement. Ce vendredi 9 octobre 2020, soit 4 mois après que l’affaire ait été portée à la connaissance du public, la justice vient de se pencher, sérieusement, sur ce dossier qui pourrait valoir au Sénégal un incident diplomatique avec l’Arabie Saoudite. Puisqu’un crime commis sur le territoire saoudien a été caché à ses autorités. L’arrestation de Abou Ndiaye fait suite à une plainte déposée par la maman de la gamine devant les enquêteurs de la Section de recherches de Colobane. Après avoir obtenu les résultats des rapports médicaux, des examens gynécologiques effectués par les services de l’hôpital principal de Dakar, les enquêteurs -qui ont procédé à l’audition de tous les mis en cause- a décidé d’arrêter Abou Ndiaye. Rapatrié d’Arabie Saoudite par le gouvernement, Abou Ndiaye était retourné chez lui, à Saint-Louis, où il avait repris tranquillement le cours presque normal de sa vie.
Pour rappel, une maman sénégalaise ayant surpris une conversation enfantine entre son fils de 13 ans et une de ses filles -11 ans- a appris que cette dernière est depuis plus de deux ans l’objet sexuel d’un voisin. Ce dernier qui aurait jeté son dévolu sur la gamine avait été surpris par le grand-frère alors qu’il s’était enfermé avec la fillette dans la cuisine, l’obligeant à entretenir une relation coupable avec lui. Après avoir longuement gardé le secret, le grand-frère, qui avait du mal à s’entendre avec sa petite sœur, avait posé des actes et dit des mots lourds de sens qui avaient poussé la maman à interroger sa fille. « J’ai cru la terre se dérober sous mes pieds. Et je m’en suis voulu de n’avoir rien remarqué pendant tout ce temps. Je les laissais à la maison pour travailler et je n’avais jamais imaginé le drame que vivait l’une de mes jumelles. » Avait soutenu la maman interrogée par Kewoulo.
Finalement, la mort dans l’âme, la gamine avait avoué son calvaire à sa maman. Décidée à obtenir justice, la maman -qui est en situation irrégulière en Arabie Saoudite- s’était en de nombreuses reprises déplacée pour demander de l’aide auprès du consulat du Sénégal en vue d’intenter une procédure judiciaire à la Mecque. « Mais, le consul lui avait dit: Mme est-ce que tu connais la gravité de tes accusations? Est ce que tu sais que, si c’est vrai, Abou Ndiaye risque d’être tué? » Avait soufflé à Kewoulo une source au fait de l’affaire. Voyant que la volonté du consul comme de son entourage était d’étouffer cette affaire, la source a jugé bon d’alerter Kewoulo. Et, dès que le ministère des Affaires Etrangères a eu vent de cette affaire, il a instruit M. Aboubacar Sarr, le consul général de Djeddah, de tout faire pour demander à la dame comme au mis en cause de regagner le Sénégal, pour éviter que les autorités saoudiennes ne soient au courant de ce scandale. Et prennent possession du corps de cet autre citoyen sénégalais.
« Ils ont utilisé toutes sortes de méthodes d’intimidation pour la contraindre, en lui faisant croire qu’elle serait emprisonnée en Arabie saoudite si elle y tentait une procédure judiciaire, que ses enfants lui seraient enlevés. Ils ont même commencé une campagne de dénigrement à son encontre en Arabie saoudite pour la faire taire. Mais, stoïque, elle a tenu. Et a fini par accepter de rentrer au Sénégal avec ses enfants et le bourreau de sa fille. Tenez-vous bien, dans le même avion et sans aucun accompagnant officiel. Pire, ils étaient presque tous installés au même rang pendant tout le temps qu’a duré le vol de Djeddah à Dakar en passant par Addis Abéba, en Ethiopie. » A témoigné une source diplomatique écœurée par le traitement réservé à cette maman. D’ailleurs, le consul qui voulait éviter le scandale était allé jusqu’à faire un rapport dans lequel il met en doute la parole de la dame. Avec cette arrestation intervenue hier et le déferrement de ce matin, c’est un autre chapitre qui va s’ouvrir dans ce dossier. Cette fois-ci, il est judiciaire.

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