Comme un couperet, le verdict tant espéré par la coalition Benno Bokk Yaakar est tombé hier, en début d’après-midi midi. Et, à défaut d’être fatal pour l’opposition regroupée autour de Ousmane Sonko, il est compromettant pour l’avenir de l’homme qui voudrait faire «la politique autrement» en s’en prenant au système et à ses sbires.
Comme l’a voulu le ministre du tourisme, Mame Mbaye Niang et le gouvernement du président Macky Sall -qui le soutient dans cette affaire purement privée-, Ousmane Sonko a été condamné à une peine de 6 mois avec sursis. Et cette peine est assortie du paiement de dommages et intérêts équivalant à 200 millions de F CFA; la même somme qu’en première instance. Cette fois ci, le tribunal qui s’est voulu contraignant a fixé la contrainte par corps au maximum. Si Ousmane Sonko avait clairement dit que « Mame Mbaye Niang n’aura pas 50 F CFA », le tribunal, désormais, a décidé que si Sonko ne payait pas cet argent, Mame Mbaye Niang pourra saisir ses bien voire même le faire arrêter et condamner à une peine d’emprisonnement.
Vu le montant de cette amende, le leader de Pastef pourra passer deux années en détention pour l’exécution de la contrainte. Si on est arrivé à cette peine, c’est que le palais -à qui le judiciaire ne refuse plus rien- a décidé de se débarrasser de Ousmane Sonko, par tous les moyens. Et le fait que ce dernier ait décidé de défier ouvertement « la justice » n’a pas arrangé les choses. Puisque « tout ce qui se fait en ton nom et en ton absence se fait contre toi », le jugement de Ousmane Sonko, en son absence et à défaut de la présence de ses avocats, ne pouvait rien présager de bon. `
C’est en l’absence de Sonko que la cause de Mame Mbaye Niang a été plaidée et entendue. Il restait plus qu’à savoir si le jugement a été fait par défaut ou de manière contradictoire. Le défaut -qui stipule que c’est en l’absence du défendeur- voudrait que ce dernier comme ses avocats n’aient pas reçu la citation à comparaitre. Dans le cadre de ce procès en Appel, si les avocats de Ousmane Sonko ont reçu la citation à comparaitre de leur client, le prévenu lui n’a pas reçu sa convocation. « Normalement, c’est un verdict rendu par défaut et pour cela, s’il n’est pas d’accord, il doit faire une opposition au jugement. Ça veut dire que la même cour doit se réunir et rejuger l’affaire en la présence de Ousmane Sonko. Dans ce cas, il a un mois pour faire valoir ses droits. » A fait savoir un juriste.
Pour éviter cette possibilité de recours, la Cour d’Appel de Dakar -qui a fait connaitre sa décision- a déclaré que c’est à la suite d’un procès par « défaut réputé contradictoire » qu’il a rendu son verdict. Dans ce cas-ci, il n’y aucune possibilité de faire « opposition au jugement » puisque le mis en cause et supposé avoir été informé et a décidé, librement, de ne pas se présenter à son jugement. Avec cette décision de « boycotter la justice », même ses avocats ne pouvaient représenter Ousmane Sonko et défendre ses intérêts.
Pour sortir de cet engrenage et espérer être sur la liste des candidats à la présidentielle de 2024, il ne reste plus que 5 jours à Ousmane Sonko pour faire un recours devant la Cour Suprême et espérer casser le verdict de la Cour d’Appel : le délai pour se pourvoir en Cassation est de 6 jours. Si la Cour Suprême invalide le verdict de la Cour d’Appel, on rabattra les cartes. Et Ousmane Sonko pourra toujours être dans la course.

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