Tribunal de Dakar : Jérôme Bandiaky libéré après deux ans passés en prison

Tribunal de Dakar : Jérôme Bandiaky libéré après deux ans passés en prison

​Le Tribunal correctionnel de Dakar a rendu son verdict ce mercredi dans l’affaire très médiatisée mettant aux prises l’État du Sénégal et Jérôme Badiaky, plus connu sous le sobriquet de « Sniper », ainsi que Sakory Ka, frère de l’ancien ministre Doudou Ka. Une décision qui tranche nettement avec les lourdes réquisitions formulées par le parquet.

Selon les informations obtenues, les deux prévenus ont été relaxés des chefs de trafic illicite d’armes, d’usurpation de fonctions publiques civiles ou militaires, d’escroquerie portant sur des avantages accordés par l’État et de manœuvres susceptibles de compromettre la sécurité publique. Des accusations particulièrement graves qui avaient largement alimenté les débats depuis l’éclatement de cette affaire. Toutefois, le tribunal les a reconnus coupables du délit de détention d’armes sans autorisation administrative. Pour cette infraction, Jérôme Badiaky et Sakory Ka ont été condamnés chacun à six mois de prison ferme.

Ce jugement est loin des réquisitions du procureur de la République lors de l’audience du 8 juillet 2026. Le ministère public avait en effet demandé cinq ans d’emprisonnement ferme assortis d’une amende de 5 millions de FCFA contre Jérôme Badiaky. Pour Sakory Ka, le parquet avait requis trois ans de prison ferme et une amende de 2 millions de FCFA. Face à ces réquisitions sévères, les avocats de la défense, notamment Mes Aboubacry Barro, Alioune Badara Fall et Youssou Camara, avaient plaidé la relaxe pure et simple, contestant la matérialité de plusieurs infractions retenues dans le dossier.

Mais au-delà de la condamnation prononcée, c’est surtout la situation carcérale des deux hommes qui retient l’attention. Placé sous mandat de dépôt depuis le 25 septembre 2024, Jérôme Badiaky a déjà passé largement plus de temps en détention que la peine finalement retenue contre lui. Il retrouve donc immédiatement la liberté. Même sort pour Sakory Ka, écroué depuis le 28 novembre 2024 et dont la peine est également couverte par la détention préventive déjà effectuée.

Après près de deux années passées derrière les barreaux pour des accusations qui ont finalement été écartées dans leur quasi-totalité, les deux hommes quittent ainsi la prison avec une condamnation limitée à la détention irrégulière d’armes. Un épilogue judiciaire qui risque de relancer le débat sur la durée des détentions préventives dans les dossiers pénaux à forte exposition médiatique.

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