Face aux crimes rituels et au charlatanisme, la Jama’atou Ibadou Rahmane exige des mesures fortes

Face aux crimes rituels et au charlatanisme, la Jama’atou Ibadou Rahmane exige des mesures fortes

« C’est avec une vive inquiétude, un choc profond et une immense tristesse que nous suivons la vague sans précédent de crimes sauvages qu’a connue le Sénégal ces derniers temps. Ces crimes, perpétrés de sang-froid, heurtent les consciences humaines et violent manifestement les valeurs d’une société sénégalaise naturellement pacifique. »

C’est en ces termes que la Jama’atou Ibadou Rahmane (JIR) exprime sa profonde préoccupation face à la recrudescence des actes criminels au Sénégal. L’organisation religieuse lance un appel urgent à l’ensemble des acteurs de la société pour préserver la paix sociale et renforcer la sécurité nationale.

À ce propos, la JIR évoque avec une vive douleur plusieurs tragédies récentes, notamment l’assassinat de Mme Fatoumata Makhtar Ndiaye, ancienne membre du Conseil économique, social et environnemental, ainsi que celui d’une femme tuée à Tambacounda. Elle rappelle également la récente et douloureuse affaire de la jeune fille tuée à Tivaouane pour des motifs liés à la sorcellerie et au charlatanisme.

À ces drames s’ajoutent, selon l’organisation, « ceux qui ont eu lieu lors des événements politiques entre 2021 et 2024, ainsi que ceux d’autres victimes innocentes, parfois retrouvées sur leur lieu de travail ou tuées dans le cadre de règlements de comptes ».

La JIR condamne fermement les actes criminels

Face à cette « dérive manifeste qui menace la stabilité sociale », la JIR condamne avec la plus grande fermeté ces « actes criminels » et réaffirme son rejet absolu de toute forme de violence ainsi que de toute violation du droit inaliénable à la vie.

L’organisation met particulièrement en garde contre la « prolifération d’idéologies obscurantistes et de pratiques exogènes, notamment les homicides liés aux pratiques rituelles, qui constituent une menace directe pour la sécurité publique et la stabilité sociale ».

La JIR exprime par ailleurs sa solidarité aux familles endeuillées et s’associe au deuil provoqué par ces « crimes » qui, estime-t-elle, ont affecté « le peuple sénégalais tout entier ».

Dans le même esprit, elle interpelle le chef de l’État afin que le Gouvernement et les autorités judiciaires prennent les mesures nécessaires pour faire face à cette situation.

L’organisation préconise, en premier lieu, « l’application rigoureuse de la loi par l’adoption de sanctions pénales maximales et à l’effet dissuasif requis à l’encontre des auteurs des infractions susmentionnées, conformément aux dispositions de notre Code pénal ».

Elle insiste également sur la nécessité de sensibiliser les populations aux méfaits de ces pratiques, notamment au regard des principes de la foi musulmane.

Renforcer le dispositif sécuritaire

La JIR réclame en outre « le renforcement du maillage sécuritaire, notamment par l’intensification de la présence des forces de l’ordre au sein des agglomérations et des régions de l’intérieur, en vue de garantir la protection des personnes, en particulier des populations vulnérables que sont les femmes et les enfants ».

Enfin, elle demande « la répression du charlatanisme, à travers l’engagement de poursuites judiciaires systématiques contre les membres des réseaux de pratiques occultes et leurs complices, afin de démanteler l’ensemble de leurs associations criminelles ».

Appel aux forces vives de la Nation

Estimant que la lutte contre ce fléau ne saurait relever de la seule compétence du Gouvernement et des autorités publiques, mais constitue également un impératif civique et une exigence éthique, la JIR lance un appel pressant aux khalifes généraux et aux autres autorités religieuses.

Elle leur demande d’inviter les imams, prédicateurs et ministres du culte à consacrer leurs sermons du vendredi et leurs offices religieux à la sacralité de la vie humaine, à la condamnation morale du charlatanisme et à la promotion de la tolérance.

Un appel similaire est adressé aux organisations de défense des droits humains et aux acteurs de la société civile. La JIR les invite à intensifier leurs actions de sensibilisation, à garantir une assistance juridique et psychologique aux ayants droit des victimes et à mener un plaidoyer actif en faveur d’un renforcement du cadre législatif et réglementaire.

Les leaders sociaux et les notables sont, quant à eux, appelés à contribuer à la revitalisation des valeurs de la Téranga et à exercer une vigilance citoyenne en signalant aux autorités tout agissement suspect.

La Jama’atou Ibadou Rahmane exhorte ainsi l’ensemble des composantes de la société à s’unir et à coopérer étroitement pour éradiquer cette « criminalité exogène qui se développe sous nos yeux ».

L’organisation rappelle enfin que « la préservation de la sécurité publique, de l’ordre public et de la stabilité du Sénégal constitue une obligation collective qu’il nous faut impérativement assumer ». Elle estime qu’il est du devoir de tous « de ne point laisser la barbarie et l’obscurantisme porter atteinte à la paix publique et à la sûreté de notre Nation ».

La JIR conclut en réaffirmant que « la préservation de la sécurité, de l’ordre et de la stabilité au Sénégal est un dépôt sacré qui pèse sur nous tous ». Elle appelle ainsi à ne pas permettre « à la sauvagerie et à l’ignorance de priver les enfants de notre cher pays de la paix, de la quiétude et de la sécurité auxquelles ils ont droit ».

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