Chargé de déposer 2,5 millions FCFA à la banque, le « Thiak-Thiak » avait d’autres projets en tête

Chargé de déposer 2,5 millions FCFA à la banque, le « Thiak-Thiak » avait d’autres projets en tête

Chargé de déposer 2,5 millions FCFA à la banque, le « Thiak-Thiak » avait d’autres projets en tête

Chargé de déposer 2,5 millions de francs CFA en banque pour le compte de son patron, le « Thiak-Thiak » M. Niane a disparu avec l’argent avant de réapparaître plusieurs heures plus tard. Face aux interrogations du gérant, le livreur a servi une version pour le moins rocambolesque à la barre : un mystérieux individu l’aurait « hypnotisé » avant de lui prendre l’argent, sa moto et son téléphone. L’affaire a pris des allures de scénario de film à la barre.

M. Niane, 32 ans et domicilié à Zac Mbao, était poursuivi pour abus de confiance au préjudice de L. Ndiaye, gérant d’un multiservices. Livreur attitré de l’établissement, il avait reçu la mission d’effectuer un versement de 2,5 millions de francs CFA en banque. La consigne était claire : déposer l’argent aux environs de 11 heures.

Mais après avoir quitté les lieux avec la somme, M. Niane devient subitement injoignable. Les appels de son employeur restent sans réponse. Ce n’est que vers 14 heures que le gérant parvient à le joindre. Une coupure de courant avait, entre-temps, empêché de vérifier immédiatement l’opération bancaire. Au retour de l’électricité, le constat est sans appel : aucun versement n’a été effectué.

Inquiet, L. Ndiaye sollicite l’oncle du livreur. Ensemble, ils tentent de joindre M. Niane, en vain. C’est finalement dans la soirée que l’oncle affirme l’avoir retrouvé au domicile de ses parents, tranquillement couché.

Le récit de l’accusé

La situation prend une tournure inattendue lorsque, vers minuit, L. Ndiaye et son épouse se rendent sur place. Réveillé, le livreur est sommé de s’expliquer sur le sort des 2,5 millions de francs CFA. C’est là qu’il sert sa version des faits.

Selon lui, alors qu’il s’apprêtait à se rendre à la banque, un individu l’aurait sollicité pour une course avant de l’« hypnotiser » en cours de route. Profitant de son état, le mystérieux homme lui aurait dérobé les 2,5 millions de francs CFA, sa moto et son téléphone, avant de disparaître.

À la barre, le prévenu campe sur cette histoire. Interpellé par le juge, il affirme que l’« hypnotiseur » aurait agi entre 11 heures et midi. Il soutient avoir ensuite informé des collègues alors qu’il se trouvait à un arrêt de « Thiak-Thiak ». Mais lorsqu’il lui est demandé de fournir des éléments permettant d’étayer son récit ou d’identifier son agresseur, ses explications restent fragiles.

Le gérant, lui, n’en croit pas un mot. Il rappelle qu’il avait l’habitude d’envoyer M. Niane effectuer des versements et qu’aucun incident ne s’était jamais produit. Cette fois, dit-il, le livreur avait récupéré l’argent avant de disparaître.

Un autre élément vient nourrir les soupçons. La partie civile affirme avoir récupéré la puce téléphonique du prévenu et consulté son compte Orange Money. Elle y aurait découvert 900 000 francs CFA, alors que M. Niane lui avait confié au préalable ne disposer que de 50 000 francs CFA sur le compte. Selon le gérant, cette somme aurait été déposée le même jour auprès de deux points différents.

La partie civile revient également sur le mystérieux « hypnotiseur ». L’avocat demande au prévenu de préciser comment cet individu s’y serait pris pour le gruger. M. Niane répond que l’homme lui aurait demandé son téléphone pour passer un appel avant de le rendre docile à ses moindres demandes. Il serait ainsi parti avec l’argent que le livreur gardait dans une sacoche, mais aussi avec son téléphone et sa moto.

La réaction de la partie civile

La partie civile balaie cette version, qualifiant le récit de « subterfuge » et de « simulation grotesque ». Pour elle, aucun élément probant ne vient confirmer l’existence du prétendu charlatan. Elle demande au tribunal de retenir l’abus de confiance et de condamner le prévenu à réparer le préjudice.

Sur les 2,5 millions de francs CFA, 900 000 francs ont déjà été remboursés, laissant un reliquat de 1,6 million de francs CFA. La partie civile réclame toutefois 2 millions de francs CFA en réparation de l’ensemble des préjudices.

Le procureur avait requis deux mois de prison ferme. Dans son dernier mot, M. Niane s’est dit prêt à rembourser. Le tribunal a finalement prononcé une peine de six mois de prison, dont un mois ferme, assortie de l’obligation de rembourser 2 millions de francs CFA à la partie civile.

Senenews

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