Politique : Pape Alé Niang, Seydina Oumar Touré et Ndèye Khady Ndiaye critiquent Ousmane Sonko

Politique : Pape Alé Niang, Seydina Oumar Touré et Ndèye Khady Ndiaye critiquent Ousmane Sonko

Ils avaient acquis une forte sympathie auprès des militants et sympathisants d’Ousmane Sonko durant les années de confrontation avec l’ancien régime. Aujourd’hui, leur rapport avec une partie de cet univers politique semble avoir profondément changé. Dans un article intitulé « Le crépuscule des idoles », L’Observateur s’intéresse au parcours de plusieurs personnalités autrefois portées aux nues dans le camp de l’actuel pouvoir, mais qui font désormais l’objet de critiques parfois particulièrement virulentes.

Le quotidien cite notamment Pape Alé Niang, Directeur général de la RTS, Seydina Oumar Touré, Directeur général de l’Agence d’assistance à la sécurité de proximité (ASP), ainsi que Ndèye Khady Ndiaye, propriétaire du salon de massage Sweet Beauté. Tous avaient, à différents degrés, été associés au combat mené par Ousmane Sonko contre le régime de Macky Sall.

À cette époque, leurs prises de position leur avaient valu une importante popularité auprès d’une partie de l’opinion acquise à Pastef. Mais l’arrivée au pouvoir du tandem Bassirou Diomaye Faye-Ousmane Sonko et, plus récemment, les divergences apparues au sommet auraient progressivement modifié les perceptions.

Selon L’Observateur, la rupture politique entre le Président Bassirou Diomaye Faye et l’ancien Premier ministre devenu président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, a notamment contribué à rebattre les cartes. Des personnalités autrefois considérées comme des alliées naturelles du leader de Pastef se retrouvent désormais soupçonnées, par certains militants, de s’en être éloignées ou de s’être repositionnées.

Le socio-politiste Dr Saliou Ngom invite toutefois à relativiser l’idée selon laquelle ces personnalités auraient constitué des « figures de Pastef ». À ses yeux, il s’agissait avant tout de soutiens circonstanciels au combat d’Ousmane Sonko à une période où celui-ci affrontait directement le pouvoir. Cette proximité leur aurait procuré un capital de sympathie, sans nécessairement faire d’eux des militants organiques du parti.

Le chercheur relève également que certaines de ces personnalités exercent aujourd’hui des fonctions publiques stratégiques. La direction de la RTS ou celle de l’ASP relève d’une nomination présidentielle et suppose, selon lui, une adhésion à l’action gouvernementale ainsi qu’une loyauté vis-à-vis des institutions. Dans un contexte de recomposition du pouvoir, certaines prises de distance peuvent donc, estime-t-il, relever davantage d’un repositionnement institutionnel que d’une véritable rupture idéologique.

L’Observateur donne également la parole au Dr Malaw Kanté, enseignant-chercheur en philosophie politique. Celui-ci estime que l’exercice du pouvoir modifie souvent le regard porté sur des responsables auparavant idéalisés. Les attentes placées dans les figures de rupture seraient confrontées à la réalité des décisions, aux contradictions, aux choix de gestion et aux frustrations accumulées.

Selon son analyse, les plus fervents soutiens d’Ousmane Sonko seraient eux-mêmes devenus moins radicaux à mesure que le pouvoir a cessé d’être une perspective abstraite pour devenir une réalité quotidienne. Le responsable politique, autrefois perçu par certains comme presque intouchable, serait davantage soumis à la critique.

Le Dr Kanté considère ainsi que l’exercice du pouvoir a participé à une forme de désacralisation du leader de Pastef. Des militants qui n’auraient autrefois toléré aucune critique se montreraient désormais plus disposés à interroger ses décisions et ses orientations.

Cette évolution intervient surtout dans un contexte où la séparation politique entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko apparaît, selon L’Observateur, de plus en plus nette. Le jeu politique pourrait dès lors redevenir plus ouvert, aussi bien pour le pouvoir que pour l’opposition.

À l’approche des futures échéances électorales, les positionnements actuels pourraient être déterminants. Le quotidien souligne que le passage d’Ousmane Sonko de la Primature à la présidence de l’Assemblée nationale ne garantit pas automatiquement son avenir électoral, tandis que Bassirou Diomaye Faye pourrait, de son côté, miser sur son bilan pour consolider ses ambitions.

Au-delà des trajectoires individuelles de Pape Alé Niang, Seydina Oumar Touré ou Ndèye Khady Ndiaye, c’est donc une transformation plus générale du rapport au pouvoir que décrit L’Observateur : celle d’un mouvement qui découvre les contraintes de l’exercice des responsabilités, pendant que certaines de ses anciennes « idoles » cessent progressivement de bénéficier de l’immunité politique et militante dont elles jouissaient autrefois.

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