Alors que ses proches célébraient, ce mercredi, ce qu’ils croyaient être la fin de son calvaire judiciaire, Jérôme Bandiaky, surnommé le «Sniper de Macky Sall», ne retrouvera finalement pas la liberté. Selon des informations exclusives obtenues par Kéwoulo, l’ancien militaire est maintenu en détention à la suite de l’ouverture d’une nouvelle procédure judiciaire portant sur des accusations de viols.
Le soulagement n’aura été que de courte durée. Quelques heures seulement après le verdict rendu par le Tribunal correctionnel de Dakar, qui l’a relaxé des principales infractions poursuivies contre lui, Jérôme Bandiaky fait face à un nouveau front judiciaire. Dans la matinée, l’ancien soldat du 3ᵉ Bataillon s’était réjoui de la décision du tribunal. Il avait été acquitté des chefs les plus lourds retenus contre lui et reconnu coupable uniquement de détention d’arme sans autorisation, une infraction pour laquelle il a été condamné à six mois d’emprisonnement, une peine également infligée à son co-prévenu Sakory Ka. Compte tenu du temps déjà passé en détention préventive, tout laissait penser qu’il allait quitter la prison de Rebeuss dans la journée.
Mais, selon les informations exclusives de Kéwoulo, ce scénario ne se produira pas. Des sources judiciaires confirment qu’une nouvelle information judiciaire a été ouverte après le dépôt d’une plainte par une femme qui accuse Jérôme Bandiaky de viols à plusieurs reprises. Selon les mêmes sources, la plaignante est une femme mariée, présentée comme l’épouse d’un haut gradé des Forces armées sénégalaises. À ce stade de la procédure, ces accusations restent de simples allégations qui devront être examinées par la justice, et Jérôme Bandiaky bénéficie pleinement de la présomption d’innocence. « Dans sa plainte, la femme a affirmé qu’elle a été violée en de nombreuses reprises et Jerome Bandjaky lui a volé plus de 100 millions de F CFA. Et si elle a été ciblée, c’est parce que elle sait des choses sur la disparition des deux militaires disparus pendant le règne sanglant de Macky Sall.
Une plainte qui évoquerait également le dossier Didier Badji-Fulbert Sambou
Selon les éléments recueillis par Kéwoulo, la plaignante aurait également déclaré détenir des informations concernant la disparition des militaires Didier Badji et Fulbert Sambou, survenue le 18 novembre 2022 dans la zone militaire de l’Anse Bernard, à Dakar. Pour rappel, quelques jours après cette disparition, le corps du sergent-chef Fulbert Sambou avait été retrouvé au large de Dakar. En revanche, Didier Badji n’a jamais été localisé et la justice a, depuis, établi un jugement déclaratif de décès le concernant. À ce stade, aucun élément ne permet toutefois d’établir un lien entre cette nouvelle procédure visant Jérôme Bandiaky et le dossier de la disparition des deux militaires. Les investigations en cours devront déterminer la portée réelle des déclarations de la plaignante.
La défense dénonce un dossier à connotation politique
Interrogé par Kéwoulo, Me Djiby Diallo, avocat de Jérôme Bandiaky, affirme que la femme à l’origine de cette plainte serait « une militante de Pastef ». Une déclaration qui traduit la ligne de défense adoptée par le camp de l’ancien militaire, sans préjuger de la véracité des faits allégués ni des motivations de la plaignante. Le dossier a été confié au troisième cabinet d’instruction, qui devra désormais entendre les différentes parties et décider des suites judiciaires à donner à cette affaire particulièrement sensible.
Sakory Ka retrouve la liberté, Bandiaky reste à Rebeuss
Alors que Sakory Ka devrait recouvrer la liberté à l’issue de sa condamnation dans le dossier des armes, Jérôme Bandiaky, lui, voit son horizon judiciaire s’assombrir. Ce qui devait être le jour de sa libération se transforme finalement en un nouveau chapitre judiciaire, dont les développements pourraient être scrutés de près au regard de la personnalité du mis en cause, de la gravité des accusations formulées contre lui et des références faites à l’affaire toujours sensible de Didier Badji et Fulbert Sambou.
