C’est une opération d’infiltration qui aurait permis aux gendarmes de remonter jusqu’au célèbre lutteur Reug Reug. Selon des éléments de l’enquête consultés par Kéwoulo, les hommes de la Brigade de recherches de Faidherbe se seraient fait passer pour des « laveurs » de billets noirs afin d’approcher le lutteur. Le stratagème aurait fonctionné. D’abord envoyé en éclaireur, son frère aurait été interpellé. Puis Reug Reug serait arrivé lui-même, avec plusieurs caisses contenant des billets noirs en coupures de 100 dollars. Récit d’une arrestation préparée dans le secret.
Le piège était déjà refermé
Kéwoulo est en mesure de révéler les coulisses d’une opération qui a conduit à l’interpellation de Reug Reug dans cette affaire présumée de faux billets. Depuis quelque temps, les gendarmes s’intéressaient au lutteur dans le cadre de cette enquête. Pour parvenir jusqu’à lui, les enquêteurs auraient opté pour une méthode aussi classique que risquée : l’infiltration. Les hommes de la Brigade de recherches de Faidherbe auraient ainsi endossé le rôle de supposés spécialistes du « lavage » de billets noirs. Leur mission : convaincre leurs interlocuteurs qu’ils étaient capables de rendre utilisables des coupures prétendument noircies à l’aide de produits chimiques. Le scénario semble avoir fonctionné.
Reug Reug ne vient pas. Il envoie son frère
Selon les éléments de l’enquête, lorsque le contact aurait été établi, Reug Reug n’aurait pas immédiatement pris le risque de se présenter lui-même. Il aurait d’abord envoyé son frère. Ce dernier devait, selon toute vraisemblance, prendre contact avec les supposés « laveurs » et vérifier leur crédibilité. Mais les enquêteurs n’attendaient que cela. Le frère du lutteur aurait été interpellé lors de cette première étape de l’opération. Et pourtant, cette arrestation n’aurait pas immédiatement mis fin au scénario imaginé par les enquêteurs.
Puis Reug Reug arrive avec les caisses
Le plus surprenant intervient ensuite. Selon les informations recueillies par Kéwoulo, Reug Reug se serait finalement présenté lui-même au rendez-vous. Et il ne serait pas venu les mains vides. Le lutteur serait arrivé avec plusieurs caisses contenant des billets noirs, notamment des coupures de 100 dollars.À ce stade, les enquêteurs n’avaient pas encore terminé le décompte des billets. Le montant exact des coupures saisies restait donc à déterminer. Mais pour les gendarmes, l’essentiel était ailleurs : le dispositif d’infiltration venait de produire ses premiers résultats.
Des suspects placés en garde à vue
L’intervention des hommes de la Brigade de recherches de Faidherbe aurait alors permis de procéder à plusieurs interpellations. D’après les éléments de la procédure, les personnes mises en cause auraient été entendues par les enquêteurs et auraient livré des déclarations sur les faits qui leur sont reprochés.Elles ont été placées en garde à vue dans le cadre d’une procédure visant notamment des faits présumés d’association de malfaiteurs, trafic de faux billets et tentative de corruption. Mais Kéwoulo a appris que les enquêteurs ne considèrent pas nécessairement cette opération comme le point final de leurs investigations.
Qui se cache derrière les billets noirs ?
C’est désormais l’une des principales questions auxquelles les enquêteurs tentent de répondre. D’où provenaient les billets ? Qui les fournissait ? Qui devait les écouler ? Et surtout, combien de personnes gravitaient autour de cette opération ? Autant de questions qui pourraient expliquer pourquoi les gendarmes poursuivent leurs investigations. D’autres interpellations seraient ainsi intervenues ou pourraient intervenir dans le prolongement de l’enquête.
Pour l’heure, Reug Reug bénéficie, comme toute personne mise en cause, de la présomption d’innocence. Les faits devront être établis par la justice. Mais selon les éléments de l’enquête auxquels Kéwoulo a eu accès, une chose apparaît clairement : ce qui ressemblait à une transaction entre prétendus « laveurs » de billets noirs était en réalité un dispositif d’infiltration monté par les gendarmes. Et le lutteur, après avoir envoyé son frère en éclaireur, aurait fini par se présenter lui-même au rendez-vous.
