Face au tarissement progressif des aides financières internationales, l’évêque de Ziguinchor, Mgr Jean-Baptiste Valter Manga, tape du poing sur la table et engage son diocèse sur la voie de l’autonomie. Par une circulaire entrée en vigueur ce 1er octobre 2026, le prélat instaure un « Fonds diocésain de soutien à la catéchèse » et impose une grille de contribution financière uniforme à toutes les paroisses de la région.
Cette réforme structurelle vise à offrir de meilleures conditions de service aux catéchistes, désormais placés au premier rang des bénéficiaires du système.
Dans sa circulaire n°003/2026-2027, Mgr Manga pose un diagnostic sans concession : l’enseignement de la foi ne peut plus dépendre des subventions étrangères. Pour assurer la pérennité de cette mission, l’évêque appelle à un renforcement de la responsabilité des communautés locales. En abrogeant toutes les pratiques antérieures propres à chaque paroisse, le texte instaure une règle unique pour chaque chrétien du diocèse.
Une grille tarifaire harmonisée
Le nouveau dispositif repose sur une clé de répartition stricte des contributions demandées aux familles :
- L’inscription annuelle : Fixée à 2 000 F CFA par catéchumène, elle est partagée entre la caisse locale des catéchistes (1 500 F CFA, soit les trois quarts de la somme) et le fonds commun diocésain (500 F CFA).
- Les sacrements de l’initiation : Pour chaque baptême de Pâques, première communion ou confirmation, la participation s’élève à 5 000 F CFA. Le montant est divisé entre le prêtre célébrant (2 000 F CFA), les catéchistes de la paroisse (2 000 F CFA) et le Fonds diocésain (1 000 F CFA).
Anticipant les débats sur une éventuelle marchandisation de la foi, le prélat insiste sur la discipline de l’Église. S’appuyant sur le canon 848 du Code de droit canonique, il rappelle fermement que ces contributions ne constituent en rien le prix d’un sacrement. L’évêque l’assure : « Nul fidèle ne sera privé de leur réception en raison de sa pauvreté ». Les familles sans ressources conserveront un accès totalement gratuit aux sacrements.
La mise en œuvre et le suivi comptable de cette mini-révolution financière sont confiés aux curés de paroisse. L’autorité diocésaine exige une gestion d’une transparence absolue afin d’honorer la confiance des familles et de garantir que chaque franc collecté aille effectivement au soutien de ceux qui consacrent leur temps à l’annonce de l’Évangile.
