FMI au Sénégal : Un mirage économique et un coût social élevé selon MONCAP

FMI au Sénégal : Un mirage économique et un coût social élevé selon MONCAP

Le FMI n’est pas un passeport automatique pour les marchés :
Il faut d’abord éviter une confusion : un accord avec le FMI ne signifie pas automatiquement un retour sur les marchés financiers internationaux.

La confiance des investisseurs ne se décrète pas. Elle dépend encore de la soutenabilité de la dette, de la crédibilité des vraies politiques économiques, de la capacité de l’État à honorer ses engagements et des perspectives de croissance.

Le FMI peut contribuer à restaurer cette confiance, mais il ne constitue pas, à lui seul, un passeport pour les marchés.

2/ Un accord avec le FMI ne règle pas mécaniquement la question de la dette :
Il faut également éviter une autre confusion : financement et soutenabilité de la dette sont deux problèmes différents. Il faut distinguer la dette extérieure de la dette intérieure, la dette libellée en devises de celle libellée en francs CFA, la dette arrivant effectivement à échéance de celle pouvant être refinancée.

La question fondamentale n’est donc pas seulement : « Combien devons-nous ? »

Elle est aussi : « Quand devons-nous payer ? Dans quelle monnaie ? À qui ? À quel coût ? Et pouvons-nous refinancer ces échéances ? »

Un accord avec le FMI peut apporter des ressources et un cadre de réformes. Mais il ne fait pas disparaître mécaniquement le stock de dette ni les obligations de remboursement.

3/ Le gouvernement avait-il réellement une alternative crédible ?

Le gouvernement de Ousmane Sonko a démontré qu’un ajustement budgétaire significatif était possible sans attendre un nouveau programme du FMI.

Le déficit, réévalué à 13,4 % du PIB en 2024, a été ramené à environ 6,4 % en 2025, soit une réduction spectaculaire de près de sept points de PIB en une année.
Cette performance extraordinaire a été réalisée sans le FMI. Compte non tenu de la baisse sur toutes les denrées alimentaires!

4/ Le FMI peut être un instrument coûteux!
Derrière cet accompagnement il y ´a nécessairement une contrepartie : maîtrise des dépenses, mobilisation accrue des recettes, réformes structurelles, discipline budgétaire et transformation du modèle économique.

Et derrière les chiffres se trouve une réalité sociale : l’ajustement budgétaire va peser sur les ménages, les entreprises et certains secteurs publics.

La véritable question, posée de façon pertinente par Ousmane Sonko, est donc de savoir quelles sont les conditions exactes du programme et comment elles seront mises en œuvre.

Le FMI apparaît donc comme un choix idéologique, un manque de vision, que comme un instrument de sortie de crise et de restauration de la crédibilité financière.

Ibrahima Mbengue
MONCAP

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