Le Sénégal a officiellement accepté une restructuration de sa dette dans le cadre commun renforcé du G20, en échange d’un nouveau programme du FMI de 2,2 milliards USD sur trois ans. C’est une concession majeure après des années de refus, qui rapproche Dakar du scénario zambien, mais dans un contexte économique et politique différent.
Cependant, toutes les restructurations de dettes ne se ressemblent pas. Le cas de la Zambie illustre un échec du Cadre commun du G20 : absence d’allègement réel, austérité brutale, et retour rapide à une charge de dette insoutenable. Transposer mécaniquement cette expérience au Sénégal serait une erreur analytique.
Autrement dit, le Sénégal peut apprendre des erreurs de la Zambie, mais il doit refuser d’être enfermé dans un cadre imposé qui nie ses spécificités. Il doit rester vigilant sur trois points :
• l’austérité (hausse d’impôts, réduction des subventions, pression sur le coût de la vie).
• le piège de la dette : risque de cycles répétés si la restructuration ne s’accompagne pas d’un allègement réel.
• la stabilité sociale : tensions possibles si les ménages vulnérables sont touchés par les réformes.
Le vrai enjeu, c’est de sortir de la croyance que la « restructuration » est une solution universelle. En réalité : pour certains pays, elle est une planche de salut (éviter l’effondrement immédiat). Pour d’autres, elle peut être un piège (cycle d’endettement répété, austérité sans croissance).
Le Sénégal doit donc éviter le mimétisme et construire une stratégie souveraine fondée sur un choix politique et stratégique.
Cherif Salif SY
Economiste
