Affaire Aziz Dabala: Nabou Lèye joue sa dernière carte, la Chambre d’accusation saisie pour arracher sa liberté

Affaire Aziz Dabala: Nabou Lèye joue sa dernière carte, la Chambre d’accusation saisie pour arracher sa liberté

Nouveau coup de théâtre dans le dossier du double meurtre d’Aziz Dabala et de Boubacar Gano, dit «Waly». Selon les informations de Libération, la défense de Nabou Lèye vient de franchir une étape décisive en saisissant directement la Chambre d’accusation de la Cour d’appel. En cause : le silence prolongé du juge d’instruction sur une demande de remise en liberté, que les avocats jugent désormais incompatible avec les délais prévus par la procédure. En toile de fond, un autre élément pourrait rebattre les cartes: des analyses ADN que la défense estime favorables à sa cliente.

L’offensive est désormais lancée. Après plusieurs mois passés en détention, Nabou Lèye tente de reprendre l’initiative sur le terrain judiciaire. Ses avocats ont décidé de contourner l’inaction qu’ils reprochent au juge d’instruction en saisissant directement la Chambre d’accusation de la Cour d’appel afin d’obtenir la remise en liberté de leur cliente.

Selon Libération, cette démarche repose sur un argument central : plus d’un mois après le dépôt d’une requête sollicitant la mainlevée du mandat de dépôt, aucune décision n’aurait été rendue. Plus surprenant encore, le parquet n’aurait pas non plus déposé les réquisitions attendues dans ce dossier. Pour la défense, ce double silence n’est pas anodin. Les conseils de la danseuse estiment que les délais procéduraux sont désormais dépassés, ouvrant ainsi la voie à une intervention directe de la Chambre d’accusation, appelée à trancher elle-même la question de la liberté de Nabou Lèye.

Le bracelet électronique proposé… mais resté lettre morte

Avant d’en arriver à cette nouvelle bataille judiciaire, les avocats avaient pourtant tenté une voie moins radicale. Ils avaient demandé que leur cliente bénéficie d’une assignation à résidence sous surveillance électronique, estimant qu’un bracelet électronique permettrait de garantir sa représentation devant la justice tout en mettant fin à sa détention provisoire. Mais, selon la défense, cette requête serait restée sans suite. Ni ordonnance de rejet, ni décision favorable, ni même les réquisitions du parquet : le dossier serait resté figé pendant plusieurs semaines. Une inertie que les avocats dénoncent aujourd’hui devant la juridiction de recours, convaincus que cette situation justifie une remise en liberté d’office.

Un retour en prison après un premier assouplissement

Le parcours judiciaire de Nabou Lèye est marqué par de nombreux rebondissements. Placée sous mandat de dépôt le 28 août 2024 dans le cadre de l’information judiciaire ouverte après le double meurtre d’Aziz Dabala et de Boubacar Gano, la danseuse avait ensuite obtenu une remise en liberté sous contrôle judiciaire. Cette mesure n’a toutefois été que de courte durée. Le 24 décembre, le juge d’instruction de Pikine avait ordonné son retour en détention après avoir révoqué son contrôle judiciaire. Cette décision serait intervenue à la suite de nouvelles déclarations de Mamadou Lamine Diao, alias Modou Lô, présenté comme le principal mis en cause dans ce dossier, qui l’aurait impliquée dans les faits. Depuis cette décision, Nabou Lèye est restée incarcérée.

Les analyses ADN, la nouvelle arme de la défense

Mais la stratégie des avocats ne repose pas uniquement sur la procédure. Selon Libération, les résultats des expertises scientifiques réalisées dans le cadre de l’enquête constitueraient désormais l’un des principaux arguments de la défense. D’après ces analyses, les prélèvements sanguins effectués sur la scène du crime n’auraient pas permis d’établir une implication directe de Nabou Lèye. Toujours selon le journal, seule la présence de Mamadou Lamine Diao aurait été scientifiquement identifiée à partir des traces de sang recueillies sur les lieux. Pour les conseils de la danseuse, ces éléments affaiblissent considérablement les accusations portées contre leur cliente. Ils entendent les exposer devant la Chambre d’accusation afin de convaincre les magistrats qu’un maintien en détention ne se justifie plus.

Des accusations toujours contestées

Depuis le début de cette affaire, Nabou Lèye nie toute participation au double meurtre. Les accusations qui la visent reposent notamment sur les déclarations attribuées à Mamadou Lamine Diao, lequel l’aurait mise en cause au cours de l’instruction. La défense rejette fermement cette version des faits, estimant que ces déclarations ne sont pas corroborées, selon elle, par les éléments scientifiques du dossier. Elle soutient que les expertises disponibles ne permettent pas d’établir la présence de sa cliente sur la scène du crime.

Une décision qui pourrait changer le cours du dossier

La balle est désormais dans le camp de la Chambre d’accusation. Selon Libération, cette juridiction dispose d’un délai d’un mois pour statuer sur la demande dont elle est saisie. Si elle faisait droit au recours, Nabou Lèye pourrait retrouver la liberté, éventuellement sous un régime de contrôle judiciaire. À l’inverse, un rejet prolongerait son maintien en détention dans une procédure où elle reste poursuivie pour association de malfaiteurs, complicité d’assassinat et actes de barbarie. Au-delà du sort de la danseuse, la décision attendue sera scrutée de près : elle pourrait peser sur la suite d’un dossier criminel qui continue d’alimenter les débats et de susciter de nombreuses interrogations.

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