Nit Doff : « Je préfère ma liberté de parole aux compromissions »

Nit Doff : « Je préfère ma liberté de parole aux compromissions »

Invité de l’émission Ultimatum sur Seneweb TV, l’artiste engagé et activiste Mor Talla Guèye, plus connu sous le nom de Nit Doff, est revenu en profondeur sur sa récente démission et sur les raisons éthiques et politiques qui l’ont conduit à renoncer à ses fonctions au sein du régime.

Interrogé sur son état d’esprit après son départ, l’ancien président du Conseil d’administration du Fonds de développement des cultures urbaines (FDCU) s’est dit « soulagé, en phase avec lui-même et très fier de respecter ses principes ». Mor Talla Guèye a expliqué que quitter un poste officiel n’était pas une décision facile, mais qu’il souhaitait démontrer que son engagement n’avait jamais été motivé par la recherche de privilèges ou d’avantages financiers.

Une gestion fondée sur l’équité et de grandes ambitions pour la culture

Revenant sur son passage à la tête du FDCU, le rappeur a assuré avoir œuvré en faveur d’une gestion transparente et équitable des fonds publics. Il a notamment évoqué des initiatives destinées à favoriser l’inclusion des personnes à mobilité réduite, des femmes et des acteurs culturels issus des différentes régions du Sénégal.

Selon lui, cette approche devait permettre de rompre avec certaines pratiques de népotisme et de gestion clanique dans le secteur culturel.

Mor Talla Guèye a également rappelé les ambitions portées avec la direction générale pour renforcer les infrastructures dédiées aux cultures urbaines. Parmi les projets évoqués figurent la construction de salles de spectacle, l’acquisition de matériel de sonorisation pour accompagner les promoteurs ainsi que la mise en place de subventions plus conséquentes en faveur des artistes.

« Je n’aime pas la trahison »

Sur le terrain politique, Mor Talla Guèye n’a pas caché son amertume face à ce qu’il considère comme des dérives, de l’arrogance et des comportements de trahison chez certains acteurs.

Il a rappelé les sacrifices consentis par les activistes, les artistes et de nombreux citoyens pour faire aboutir le projet de rupture. Il déplore notamment que certains responsables, une fois arrivés au pouvoir, puissent oublier les combats menés et la mémoire de ceux qui ont contribué à leur accession aux responsabilités.

Sonko et l’appel à « prendre ses responsabilités »

Évoquant ses relations avec le Premier ministre Ousmane Sonko, Nit Doff a également livré des éléments sur leur récent tête-à-tête. Selon ses déclarations, le leader de Pastef lui aurait réaffirmé sa ligne de conduite habituelle, invitant chacun à « prendre ses responsabilités ».

Pour Mor Talla Guèye, cette question des responsabilités est indissociable de la fidélité aux valeurs défendues durant les années de lutte.

La liberté de parole avant les compromissions

En conclusion, Mor Talla Guèye a réaffirmé son attachement aux valeurs de vérité, de justice et de loyauté envers le peuple sénégalais.

Il dit ainsi privilégier sa liberté de parole et son indépendance à toute fonction officielle qui l’obligerait à accepter des compromis contraires à ses convictions.

Pour Nit Doff, la démission apparaît donc moins comme un renoncement que comme un choix assumé : celui de rester fidèle à ses principes, même au prix de la perte d’un poste et des responsabilités qui l’accompagnent.

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