Le communiqué du Bureau exécutif national (BEN) du Syndicat des professionnels de l’information et de la communication du Sénégal (SYNPICS) continue de provoquer une vive controverse. Depuis sa publication, le texte suscite une vague de critiques au sein de la corporation, où de nombreux journalistes disent ne pas se reconnaître dans la position exprimée par leur organisation.
À l’origine de cette polémique figurent les interpellations menées lundi dans les locaux de Fegnal Digital. Des éléments de la Division spéciale de cybersécurité (DSC) y ont arrêté Mandoumbé Diop, connu sous le nom de « Lamignou Darou », Oustaz Thiep et Ndiaye Touba, trois chroniqueurs se réclamant de PASTEF-Les Patriotes. Les trois hommes ont été placés en garde à vue à la suite d’une autosaisine du procureur de la République pour des propos jugés offensants envers le président de la République, Bassirou Diomaye Faye.
Réagissant à cette opération, le SYNPICS a indiqué, dans un communiqué transmis mercredi à PressAfrik, que les forces de l’ordre sont habilitées à procéder à des interpellations en dehors des lieux de travail lorsque les nécessités de l’enquête l’imposent, à conditition a rapidement fait réagir de nombreux professionnels des médias. Sur les réseaux sociaux, plusieurs journalistes ont exprimé leur désaccord, estimant que le communiqué ne traduit ni les préoccupations ni la sensibilité d’une ion que les droits des personnes concernées soient respectés et que l’activité des entreprises de presse ne soit pas perturbée.
Cette prise de pospartie importante de la profession.
La journaliste Ndeye Fatou Ndiaye figure parmi les voix les plus critiques. Selon elle, les auteurs du texte ne sauraient s’exprimer au nom de l’ensemble des journalistes.
« J’espère que les auteurs de ce texte ne parlent pas au nom de tous les journalistes. Quand même, il faut un minimum de respect pour ceux et celles qui ont choisi le journalisme comme métier par passion. Ce serait un blasphème de défendre des usurpateurs dont l’unique objectif est de vider cette corporation de toute son essence », a-t-elle écrit.
Poursuivant sa critique, elle estime que le SYNPICS « n’a pas le droit de scier les branches de l’arbre sur lequel des milliers de personnes sont assises », considérant que cette position risque d’affaiblir davantage une profession déjà confrontée à de nombreux défis.
