Canaries : arrivée de plus de 4 200 migrants en cinq jours, soit autant qu’entre janvier et juin

Canaries : arrivée de plus de 4 200 migrants en cinq jours, soit autant qu’entre janvier et juin

Après plusieurs mois de baisse, la route atlantique vers les Canaries connaît une flambée spectaculaire. En cinq jours, plus de 4 200 exilés ont été secourus en mer et débarqués dans l’archipel espagnol. El Hierro, petite île de 11 500 habitants, est en première ligne et au bord de la saturation.

Une nuit record

D’après les informations rapportées par InfoMigrants, entre le 2 et le 6 novembre, plus de 4 200 exilés ont été secourus au large des Canaries par les autorités espagnoles, puis débarqués dans l’archipel. Les services de sauvetage espagnols enchaînent les opérations sans répit. InfoMigrants rapporte que, entre jeudi soir 21h et vendredi matin à l’aube, 1 021 exilés ont débarqué après avoir été secourus par Salvamento Marítimo.

À El Hierro, 935 personnes ont été secourues lors de cinq opérations. L’une d’entre elles a été retrouvée morte à bord d’un canot. Dans le même temps, une embarcation est arrivée à Grande Canarie, et deux pirogues avec 88 personnes à bord ont débarqué à Lanzarote. Ces arrivées s’ajoutent aux plus de 3 200 migrants déjà débarqués entre le 1er et le 5 novembre, à bord d’au moins 39 embarcations, selon un décompte de l’agence EFE cité par InfoMigrants.

Un retournement de tendance

Cette vague met fin à plusieurs mois d’accalmie. D’après les données du ministère espagnol de l’Intérieur relayées par InfoMigrants, plus de 6 000 personnes étaient déjà arrivées aux Canaries pour le seul mois d’octobre. Pourtant, du 1er janvier au 30 septembre, les arrivées avaient chuté de 44 % par rapport à la même période de 2025. La tendance s’est donc brutalement inversée ces dernières semaines.

El Hierro au bord de la rupture

L’île d’El Hierro concentre la majorité des débarquements. Selon InfoMigrants, le gouvernement des Canaries chiffre à 4 587 le nombre de migrants arrivés entre le 1er et le 6 novembre à bord de 49 embarcations, dont 35 à El Hierro. Sur place, la pression est qualifiée d’«extraordinaire». L’île étudie même la déclaration d’urgence migratoire (…).

Une route toujours meurtrière

La plupart des embarcations partent des côtes d’Afrique de l’Ouest, notamment du Sénégal et de la Mauritanie. La traversée de l’Atlantique, longue de plusieurs jours, reste l’une des routes migratoires les plus dangereuses au monde.