Karamo Cissé Ndiaye, commerçant de 35 ans, connu comme un vendeur de matériels électroniques au marché Ocass de Touba, est l’accusé principal du meurtre barbare de la lycéenne Aminata Sy, avec qui il entretenait une relation amoureuse, à Podor. Selon les informations de L’Observateur, il a été arrêté dans la nuit du lundi 26 au mardi 27 octobre 2026 par les hommes du commissaire Aly Guèye de la police de Mbacké.
Face aux enquêteurs de la Brigade de recherches, le suspect a tenté de maquiller le crime en accident domestique. Il a retracé l’historique d’une relation née en 2021 sur les réseaux sociaux alors qu’il avait émigré en Turquie, après des séjours professionnels réguliers à Podor où il louait une chambre. Un projet de mariage s’était dessiné, avec une condition posée par la famille d’Aminata : l’obtention du Baccalauréat. Il dit avoir versé une avance de dot de 300 000 FCfa. Frappé par une grave maladie, il est rentré à Touba avant de reprendre ses visites.
L’échec de la jeune fille au Bac a marqué une rupture, la mère exigeant le redoublement de la Terminale et le report du mariage. Dans ses aveux, le suspect dresse alors le portrait d’une fille devenue «matérialiste, manipulatrice et indifférente» et dit avoir, amoureux, décidé de prendre du recul.
«Sa tête a violemment heurté le mur…»
Le matin du drame, ayant découvert sa présence à Podor, Aminata le rejoint dans sa chambre pour lui faire des reproches alors qu’il avait loué une chambre dans l’environnement immédiat du domicile familial sans l’aviser. Le ton monte et l’homme exige, dit-il, le remboursement immédiat de ses 300 000 FCfa. Devant le refus, Karamo prétend que la lycéenne se serait armée d’un objet pointu pour le poignarder : «J’ai esquivé le coup et je l’ai repoussée vigoureusement. Sa tête a violemment heurté le mur et elle s’est affaissée, blessée à la nuque», a-t-il juré aux limiers, affirmant avoir alors tenté de la réanimer avec de l’eau à deux reprises avant de paniquer et de s’enfuir par une porte dérobée, laissant la victime sur place.
Toujours selon le récit de L’Observateur, la version du suspect se heurte aux constatations initiales de la gendarmerie de Podor, qui décrivent un crime d’une barbarie inouïe, incompatible avec une simple chute. Le corps présentait de profondes plaies à la poitrine, aux yeux et à la bouche et n’a pas été retrouvé dans la chambre, mais dans la maison attenante, solidement ficelé et tassé dans un sac.
En cavale après le meurtre, Karamo Cissé Ndiaye a coupé son téléphone pour éviter toute géolocalisation par les antennes relais, ne l’allumant que brièvement pour appeler un contact au daara de Ndiapandal (Gossas) où il avait été talibé et où il espérait trouver asile.
Entre-temps, l’affaire s’ébruite et sa photo circule sur les réseaux sociaux. Le commissariat de Mbacké est avisé par le daara. Dans un véhicule banalisé, les hommes de la Brigade de recherches de Mbacké se présentent dans la nuit du lundi au mardi. Sur le pas de la porte, ils invitent le suspect, via un proche, à se rendre avec discrétion. «Ce qu’il a accepté sans problème», précise une source judiciaire. Ce n’est qu’hier, mardi, vers 10H, qu’il a été remis au Commandant de la Brigade territoriale de Mbacké, avant d’être livré sous bonne escorte aux enquêteurs de Podor. Il est poursuivi pour «assassinat avec actes de barbarie».
