L’Assemblée législative du peuple (ALP) du Burkina Faso a adopté mardi soir, à l’unanimité des 71 votants, un nouveau Code pénal réintroduisant la peine de mort pour plusieurs infractions, notamment le terrorisme, l’espionnage et la trahison.
Les députés de l’Assemblée législative du peuple (ALP) du Burkina Faso ont adopté mardi soir, à l’unanimité des 71 votants, le projet de loi portant Code pénal, qui rétablit la peine de mort pour certaines infractions, dont les actes de terrorisme et d’espionnage.
Selon le nouveau texte, les actes de terrorisme, l’espionnage, la trahison, le parricide ainsi que l’importation de produits périmés ou prohibés ayant entraîné la mort sont désormais passibles de la peine capitale, a expliqué le ministre de la Justice, Edasso Rodrigue Bayala, à l’issue du vote.
Pour justifier cette réforme, le ministre a évoqué les stratégies de recrutement des groupes terroristes. « Nous avons constaté sur le terrain que ces terroristes recrutent en promettant aux candidats que, même s’ils venaient à être arrêtés en tant qu’auteurs ou complices d’actes de terrorisme, ils ne risquaient pas grand-chose de plus que la prison à vie », a-t-il déclaré.
Il a ainsi défendu la nécessité de renforcer le dispositif légal afin que « tous les actes en lien avec le terrorisme, en tant qu’auteur ou complice, soient punis de la peine de mort ».
Le nouveau Code pénal prévoit également la peine capitale pour les auteurs ou complices de l’importation de produits périmés ou prohibés lorsque ces actes entraînent la mort.
La peine de mort avait été abolie au Burkina Faso en 2018. La dernière exécution consécutive à une condamnation à cette peine dans le pays remonte à 1988.
D’autres changements dans le Code pénal
Outre le rétablissement de la peine de mort, la réforme introduit plusieurs autres modifications. Parmi celles-ci figurent la re-pénalisation des délits de presse, l’instauration de peines proportionnelles aux montants détournés et le renforcement des sanctions applicables aux infractions routières. Le texte prévoit également de nouvelles incriminations dans plusieurs domaines.
Le 4 décembre 2025, le gouvernement burkinabè avait annoncé son intention de réintroduire la peine de mort, sept ans après son abolition pour les crimes de droit commun, dans le cadre d’une réforme du Code pénal.
Des organisations de défense des droits humains, dont Amnesty International, avaient appelé les autorités burkinabè à abandonner tout projet de rétablissement de la peine capitale. Elles n’avaient toutefois pas encore réagi, au moment de la rédaction de cet article, à l’adoption du nouveau Code pénal.
