Une élève en classe de Terminale a été interpellée dans le cadre d’une enquête portant sur une présumée tentative de détournement de 168,2 millions de FCFA. L’affaire, rapportée par le quotidien L’Observateur dans son édition de ce mardi, met en cause une opération frauduleuse visant plusieurs comptes de clients d’une plateforme financière numérique.
À l’origine de cette procédure, la société Gsie Technology a saisi la Division spéciale de la cybersécurité (DSC) d’une plainte contre X. L’entreprise dénonce notamment des faits présumés d’association de malfaiteurs, d’accès frauduleux à un système informatique, d’escroquerie et de vol de données personnelles.
Spécialisée dans le développement de solutions numériques destinées aux services financiers, Gsie Technology met à la disposition de son partenaire ACEP et de ses clients une plateforme permettant, entre autres, de consulter des comptes et d’effectuer des transferts instantanés grâce au système Pi-Spi de l’UEMOA.
Selon les premières conclusions de l’enquête, une vulnérabilité informatique aurait été exploitée les 12 et 13 septembre. Cette intrusion présumée aurait permis l’installation de programmes malveillants ainsi que la récupération d’identifiants confidentiels.
Le 22 septembre au soir, des connexions automatisées auraient ensuite été effectuées à partir des données dérobées, affectant au total 1 219 comptes clients. Dans la nuit du 23 septembre, entre 2 h 03 et 3 h 21, 39 portefeuilles électroniques fictifs auraient été ouverts sous de fausses identités.
Quelques heures plus tard, entre 6 h 09 et 11 h 26, 842 opérations de transfert auraient été lancées depuis 35 comptes compromis vers ces portefeuilles, pour un montant global de 168 200 500 FCFA. Les transactions, réalisées par tranches de 200 000 FCFA, ont toutefois été bloquées avant que les fonds ne puissent être retirés.
L’après-midi de la même journée, les auteurs présumés auraient changé de méthode en enregistrant de faux bénéficiaires sur les comptes piratés. Cette nouvelle manœuvre aurait permis l’exécution de 79 virements instantanés SPI, effectués depuis 23 comptes vers huit portefeuilles appartenant à une société de technologie financière. Le montant concerné s’élèverait à 11 043 000 FCFA. Contrairement aux premières opérations, ces transferts, qui ne pouvaient être annulés, auraient effectivement abouti.
Dans le cadre de ses investigations, la DSC serait parvenue à identifier les personnes ayant bénéficié des fonds transférés. Parmi elles figure A.A. Diop, âgée de 22 ans et inscrite en classe de Terminale au lycée privé Mahmadis, situé en Zone B. Elle aurait reçu la somme de 1,8 million de FCFA.
Interrogée par les enquêteurs, la jeune femme aurait expliqué avoir été contactée par téléphone par un individu se trouvant en Côte d’Ivoire. Celui-ci lui aurait proposé de retirer l’argent en échange d’une rémunération de 200 000 FCFA. Elle n’aurait cependant fourni aucun élément permettant d’étayer ses déclarations.
Les investigations se poursuivent afin de déterminer les circonstances exactes de cette opération, d’identifier les éventuels autres protagonistes et d’établir les responsabilités dans cette affaire de fraude informatique présumée.
