L’affaire remonte à la nuit du 3 au 4 novembre 2018. Une violente dispute éclate au sein du couple au sujet d’une supposée seconde épouse résidant en Italie. Emportée par une jalousie extrême, Aïda Mbacké — fille du chef religieux Serigne Babacar Mbacké Moukabaro — asperge et commet l’irréparable : elle met le feu à la chambre conjugale où se trouve son mari, Khadim Ndiaye. Très gravement brûlé, ce dernier succombera à ses blessures quelques jours plus tard.
L’arrestation de la jeune femme avait été temporairement différée par la gendarmerie, le temps pour elle d’accoucher par césarienne d’un petit garçon, juste après le drame. Elle sera officiellement placée sous mandat de dépôt le 7 décembre 2018.
De la Cour d’assises à l’Appel : Le bras de fer judiciaire
Le parcours pénal d’Aïda Mbacké aura été marqué par un important revirement sur le quantum de la peine :
- Le verdict de première instance (17 novembre 2021) : La Chambre criminelle du tribunal de Dakar requalifie les faits d’assassinat en meurtre. Le parquet réclamait 15 ans de prison ; le juge va au-delà et la condamne à 20 ans de réclusion criminelle.
- Le verdict en appel (28 mars 2023) : Devant la Chambre criminelle d’appel, la défense plaide le crime passionnel sans intention de donner la mort et implore la clémence. La Cour fléchit et divise la peine par deux, la ramenant à 10 ans de réclusion.
Une libération anticipée en 2026
Initialement libérable à l’horizon 2028, Aïda Mbacké aura finalement passé un peu moins de six ans derrière les barreaux, d’abord à la Maison d’arrêt des femmes de Liberté 6 puis à Rufisque. C’est son comportement exemplaire en milieu carcéral qui lui a valu les grâces administratives nécessaires à son élargissement précoce.
Cette libération vient clore définitivement le volet judiciaire de l’un des faits divers conjugaux les plus retentissants de la décennie au Sénégal.
