En politique sénégalaise, le préjugé est devenu l’un des grands ennemis du débat démocratique. En s’inspirant de Descartes, il faut apprendre à douter avant de condamner, vérifier avant de croire et réfléchir avant de juger. Pourtant, entre partisans d’un même camp, les divergences peuvent rapidement se transformer en affrontements personnels, comme si la contradiction était devenue une trahison.
Plus grave encore, entre adversaires politiques, l’animosité semble parfois permanente. On ne combat plus seulement les idées : on attaque les personnes, leurs intentions, leur dignité et parfois même leur patriotisme. Hier alliés, certains deviennent ennemis ; hier adversaires, d’autres se rapprochent lorsque les intérêts changent.
C’est précisément là que la pensée cartésienne peut nous interpeller. Le préjugé politique enferme l’esprit avant même qu’il n’ait examiné les faits. Il pousse chacun à voir le mal chez l’adversaire et la vérité chez son propre camp.
La démocratie sénégalaise mérite mieux. Elle ne doit pas être une arène où les partisans « s’entretuent » politiquement et où l’adversaire est considéré comme un ennemi permanent. Comparons plutôt nos idées, confrontons nos arguments et acceptons la contradiction.
Car en démocratie, l’adversaire politique n’est pas un ennemi de la République : il est celui qui nous oblige à mieux défendre nos convictions.
Alassane NDIAYE PASTEF commune Tivaouane Diack Sao Pikine Département.
