Le débat sur la stabilité de l’emploi dans les structures publiques et parapubliques s’invite à l’Assemblée nationale. À travers une série de questions écrites datées du 10 août 2026, l’honorable député Mbaye Dione a formellement interpellé Mamadou Lamine Diante, ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du service public. L’élu parlementaire pointe du doigt une vague de suppressions d’emplois aux conséquences sociales préoccupantes.
Dans sa correspondance, le parlementaire exprime son inquiétude face à une situation qu’il qualifie de critique. « De nombreux travailleurs des structures publiques et parapubliques (telles que FERA, CDC, ASPEX, DDD, Grand Théâtre, Port de Dakar, LONASE, FONGIP, Radisson, etc.) ont été récemment licenciés par l’actuel régime », souligne-t-il. Selon l’élu de la XVe législature, ces mesures sont « perçues comme abusives » et engendrent un « impact social dévastateur ». Cette tension sur le marché du travail a notamment conduit à la création du Rassemblement des Travailleurs du Sénégal (RTS) et à une remobilisation du Front syndical.
L’honorable Mbaye Dione met également en lumière l’impasse juridique et financière dans laquelle se trouvent plusieurs agents touchés. « D’ailleurs beaucoup de ces travailleurs injustement licenciés et qui avaient intenté des procès contre leur employeur, ont eu gain de cause mais tardent à être réintégrés ou à percevoir les dommages et intérêts qui leur sont dus », dénonce-t-il.
Afin de faire la lumière sur cette situation, le député demande au ministre d’apporter des réponses précises sur la réintégration des agents impactés. Il interroge la tutelle sur les « mesures concrètes et immédiates » envisagées pour garantir « la réintégration pure et simple de tous les travailleurs injustement licenciés des sociétés et organismes cités, et ce, en coordination avec les représentants syndicaux concernés ».
Le volet financier et le traitement des arriérés constituent un autre point central de cette interpellation.
Mbaye Dione invite le ministre à « communiquer à l’Assemblée nationale, le nombre exact de travailleurs concernés par des salaires impayés, le montant total des arriérés dus, et présenter un calendrier précis et contraignant pour leur paiement intégral ». Il réclame en outre l’octroi d’une « indemnisation complète couvrant non seulement l’indemnité légale de licenciement, mais aussi des dommages et intérêts pour le préjudice moral et matériel subi ».
Face à ce qu’il caractérise de « drame social » et de « désarroi total », le parlementaire interroge le gouvernement sur les mécanismes d’accompagnement d’urgence mis en place. Il évoque à ce titre « la mise en place d’une cellule de soutien psychosocial, de programmes de reconversion professionnelle ou de fonds d’aide à la création d’entreprise » afin de soutenir les familles affectées et de « prévenir une crise sociale plus grave ».
En pièce jointe à son courrier d’interpellation, le député a produit un décompte détaillé retraçant les pertes d’emplois signalées à travers une trentaine de structures et d’entreprises. Selon ce document joint, le total des emplois perdus s’élève à 30 633, incluant des entités telles que le FERA (26 000), la Couverture Maladie Universelle (1 300), le Port Autonome de Dakar (800), l’Université Amadou Mahtar Mbow de Thiès (600), l’AIBD (514) ou encore l’Université Sine Saloum (328).
