Le chef de l’opposition ougandaise Kizza Besigye, qui s’est évanoui mercredi au tribunal le jugeant pour trahison, est hospitalisé en soins intensifs, a affirmé jeudi sur X son épouse Winnie Byanyima, directrice exécutive de l’Onusida, ce qu’ont confirmé deux sources médicales à l’AFP.
M. Besigye, 70 ans, ancien médecin personnel du président Yoweri Museveni qui gouverne l’Ouganda depuis plus de 40 ans, est dans le collimateur du gouvernement de Kampala depuis son ralliement à l’opposition il y a plus de 25 ans.
Enlevé en novembre 2024 lors d’un déplacement au Kenya, il était réapparu en Ouganda, traduit devant une cour martiale pour « trahison » car accusé d’avoir ourdi un complot contre M. Museveni, avant que la plus haute juridiction du pays n’ordonne qu’il soit jugé devant une juridiction civile.
Mercredi, il s’était écroulé au tribunal peu après avoir refusé, de façon virulente, les avocats que lui avait désignés d’office l’Etat ougandais qui a fait arrêter l’un de ses deux défenseurs – Erias Lukwago, ancien maire de Kampala – et a interdit d’entrée en Ouganda la seconde, Martha Karua, ex-ministre kényane de la Justice.
« Il a été admis en soins intensifs à l’hôpital de Mulago » à Kampala, a publié sur X sa femme Winnie Byanyima, « il est inconscient, incapable de parler et ne réagit même pas à des stimuli douloureux ».
La porte-parole de l’hôpital public de Mulago, Gladys Baligonzaki Kajura, a confirmé à l’AFP le placement de M. Besigye en soins intensifs, sans donner davantage de précisions sur son état.
L’opposant à été transporté à Mulago vers 20H30 (17H30 GMT) mercredi, a confirmé à l’AFP une autre source médicale qui a requis l’anonymat par crainte de représailles. « Il était dans un état critique et inconscient. Il a immédiatement été admis en soins intensifs », a poursuivi cette source.
C’est la troisième fois que l’opposant est hospitalisé depuis qu’il est en détention. En février 2025, il l’avait rapidement été après une grève de la faim, puis l’avait été à nouveau, brièvement, en janvier dernier.
Winnie Byanyima, qui avait alors déploré la déshydratation sévère dont souffrait son mari, avait dénoncé en juin 2025 ses conditions de détention « inhumaines », « dans un cellule minuscule » et surpeuplée, où il est « attaqué par des punaises de lit ».
Elle avait également dénoncé un « complot pour tuer » M. Besigye de la part du président ougandais.
L’Ouganda connaît une répression politique croissante ces derniers mois, l’armée, dirigée par le propre fils de M. Museveni, le général Muhoozi Kainerugaba, ayant arrêté des figures de l’opposition et des avocats et fait fermer un mois durant le principal groupe de médias indépendant du pays, finalement autorisé à rouvrir mardi.
