Au-delà des défis logistiques, le comité d’organisation du Grand Magal de Touba entend faire de l’édition 2026 un moment de préservation des valeurs spirituelles de la cité religieuse. Dans un entretien accordé à l’émission DD ce 26 juillet, Cheikh Abdoul Ahad Mbacké a détaillé les nouvelles mesures destinées à protéger la sacralité de Touba face aux dérives observées ces dernières années. Le président de la Commission Culture et Communication a reconnu l’existence de comportements qu’il qualifie de marginaux, tout en précisant qu’ils ne reflètent en rien l’attitude de l’immense majorité des pèlerins qui respectent les enseignements de Cheikh Ahmadou Bamba.
L’une des principales innovations de cette édition est l’adoption d’une charte de couverture médiatique destinée aussi bien aux journalistes qu’aux créateurs de contenus présents durant le Magal. Cette charte fixe les règles à respecter pour préserver l’image et le caractère sacré de l’événement. Les accréditations délivrées aux professionnels de l’information seront désormais conditionnées par l’engagement à respecter ces dispositions. Le comité mettra également en place une cellule de veille médiatique composée d’une vingtaine de personnes chargées de surveiller en continu les contenus diffusés sur les réseaux sociaux.
Selon Cheikh Abdoul Ahad Mbacké, la démarche privilégiera d’abord la sensibilisation. Une commission spécifique rencontrera les différents acteurs concernés afin de rappeler les recommandations du Khalife général des Mourides. Ce n’est qu’en cas de persistance des comportements jugés contraires aux valeurs du Magal que des mesures plus fermes pourront être envisagées.
Au-delà de ces aspects, le responsable a annoncé plusieurs innovations scientifiques et culturelles. Les Assises scientifiques du Magal ont notamment porté cette année sur l’emploi des jeunes, la mobilité dans la ville sainte et l’impact économique du pèlerinage. Une nouvelle étude sur les retombées économiques de l’événement sera dévoilée, actualisant les précédentes estimations qui chiffraient déjà les effets du Magal à plus de 250 milliards de francs CFA.
À un an du centenaire de la disparition de Cheikh Ahmadou Bamba, cette édition 2026 marque également le lancement des préparatifs de cette importante commémoration. Des délégations étrangères, notamment issues de plusieurs pays arabes, sont attendues, confirmant le rayonnement international croissant du Grand Magal de Touba. Pour le comité d’organisation, l’enjeu est désormais de concilier ouverture au monde, modernité et fidélité aux valeurs spirituelles qui fondent depuis plus d’un siècle le Magal de Touba.
