Affaire Malick Diaw : plus de 88 millions FCFA au cœur du litige, la Cour d’appel tranche le 3 novembre

Affaire Malick Diaw : plus de 88 millions FCFA au cœur du litige, la Cour d’appel tranche le 3 novembre

Entre promesses d’investissement, relation de confiance et soupçons d’abus de confiance, le dossier opposant l’homme d’affaires Malick Diao, dit Malick Diaw, au ressortissant tunisien Afif Ben Rejeb a connu un nouveau rebondissement devant la Cour d’appel. Après des débats particulièrement animés, les magistrats ont mis leur décision en délibéré. Verdict attendu le 3 novembre prochain.

La bataille judiciaire est loin d’être terminée pour Malick Diao, également connu sous le nom de Malick Diaw. Ce dossier, qui traîne depuis plusieurs années devant les juridictions sénégalaises, a de nouveau été examiné par la Cour d’appel qui devra dire si le prévenu doit ou non confirmer sa condamnation prononcée en première instance.

Pour rappel, le tribunal avait condamné Malick Diao à rembourser à ses plaignants des sommes particulièrement importantes : 62 000 euros, soit plus de 40 millions de francs CFA, et 85 000 dollars américains, représentant plus de 48 millions de francs CFA. Au total, ce sont plus de 88 millions de francs CFA qui sont au cœur du contentieux.

Une opération commerciale ou une confiance trahie ?

Devant la Cour, toute la stratégie de la défense a consisté à démontrer que cette affaire relève exclusivement du domaine commercial et non du pénal.

Les avocats de Malick Diao ont soutenu que les fonds remis à leur client étaient destinés à financer une opération portant sur l’achat et la vente de conteneurs. Selon eux, les plaignants avaient accepté de participer à une activité commerciale dont les bénéfices devaient permettre le remboursement des investissements consentis.

Dans cette logique, la défense estime qu’aucun élément constitutif d’un abus de confiance ou d’une escroquerie n’est établi. Pour les conseils du prévenu, il s’agit tout au plus d’un différend commercial qui ne saurait justifier une condamnation pénale. Ils ont ainsi demandé à la Cour d’infirmer purement et simplement le jugement rendu en première instance.

Le récit d’une rencontre à La Mecque

Face à cette version, la partie civile a défendu une lecture radicalement différente des faits.

Selon Afif Ben Rejeb, tout commence lors d’un séjour à La Mecque où une relation de confiance se serait nouée avec Malick Diao. Convaincu par les engagements qui lui auraient été présentés, le ressortissant tunisien affirme avoir remis au prévenu la somme de 62 000 euros.

Mais selon lui, les promesses de remboursement n’ont jamais été respectées malgré de multiples démarches entreprises pour récupérer ses fonds. C’est cette situation qui l’a finalement conduit à saisir la justice sénégalaise.

La partie civile considère ainsi que les sommes ont été remises sur la base d’une confiance accordée à Malick Diao et non dans le cadre d’un simple partenariat commercial. Une nuance essentielle qui fonde toute l’accusation d’abus de confiance.

Plusieurs identités et plusieurs activités au centre des interrogations

Au cours des débats, les plaignants ont également insisté sur ce qu’ils présentent comme une multiplicité d’activités et d’identités utilisées par le prévenu.

Selon leurs déclarations, Malick Diao aurait exercé ou exercera encore ses activités à travers plusieurs structures et projets, notamment Habbatou Saouda Miracle, Siwak, Sunu Porte, EMD Groupe, mais également dans le domaine religieux via la plateforme SeneCoran ainsi que diverses interventions médiatiques.

Les parties civiles ont aussi relevé l’utilisation alternée des noms « Malick Diao » et « Malick Diaw », affirmant que les deux identités apparaissent dans différents documents. Un élément qui, selon elles, mérite d’être pris en considération dans l’appréciation globale du dossier.

Le parquet demande la confirmation du jugement

Dans cette affaire, le ministère public ne s’est pas rangé derrière les arguments de la défense. Le parquet a requis la confirmation de la décision rendue en première instance, estimant que les éléments du dossier justifient le maintien de la condamnation prononcée contre le prévenu.

À la sortie de l’audience, Afif Ben Rejeb et Robert Abdul Kader ont réaffirmé devant la presse leur détermination à obtenir réparation du préjudice qu’ils disent avoir subi. Les deux hommes soutiennent n’avoir jamais récupéré les fonds remis à Malick Diao et espèrent voir la justice confirmer le premier jugement.

Après plusieurs heures de débats, les magistrats ont finalement mis l’affaire en délibéré. Le 3 novembre prochain, la Cour d’appel dira si Malick Diao doit définitivement rembourser les sommes réclamées ou si la décision de première instance sera réformée.

Une décision très attendue dans un dossier où s’entremêlent investissements privés, promesses de rendement et accusations de confiance trahie.

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