Le président de la transition en Guinée-Bissau, le général Horta Inta-A, a haussé le ton ce mercredi 7 octobre contre les réseaux fidèles à l’ancien chef de l’État, Umaro Sissoco Embaló. S’exprimant publiquement pour la première fois sur les récentes opérations sécuritaires, le leader de la transition a dénoncé l’existence d’une « structure non organisée » parallèle que les militaires loyalistes à l’ancien régime avaient installée au cœur même de la Présidence de la République.
Cette sortie officielle intervient dans un climat de reprise en main sécuritaire et politique brutale par le Haut commandement militaire. Lors d’une cérémonie de remise de diplômes à des officiers récemment promus, le général Inta-A a lancé un ultimatum sans ambiguïté : « Ceux qui ont des armes à la maison doivent maintenant les remettre. Recevoir des ordres dans les rues, c’est terminé. »
Pour les observateurs, ce discours marque la justification officielle d’un vaste plan de désarmement et de transfert des unités militaires autrefois affectées à la protection de la présidence sous l’ère Embaló. Le président de la transition a toutefois balayé les craintes d’instabilité, assurant que ces mesures visaient exclusivement à garantir « une sécurité totale » pour les citoyens, sous l’égide de l’ordre et de la discipline républicaine.
Cette offensive verbale s’inscrit dans la lignée directe des sanctions politiques majeures tombées la veille. Mardi, Horta Inta-A a procédé par décret au limogeage de deux figures clés du gouvernement jugées trop proches de l’ancien pouvoir : le ministre de l’Intérieur, Mama Saliu Embaló, et la ministre de la Pêche, Virgínia Maria da Cruz Godinho Pires Correia. Ils ont été immédiatement remplacés par António Suca Intchama et Fidelis Forbs.
Ces événements surviennent alors que la Guinée-Bissau traverse une crise politique majeure. Quelques jours plus tôt, le Haut commandement militaire avait formellement interdit à l’ex-président Umaro Sissoco Embaló de rentrer au pays, alors que ce dernier planifiait son retour pour le 4 octobre afin de lancer sa campagne pour l’élection présidentielle de décembre 2026. En invoquant des raisons de « sécurité nationale » et en désarmant ses derniers soutiens, la junte au pouvoir semble verrouiller définitivement l’échiquier politique à l’approche du scrutin.
