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Sénégal : le déficit budgétaire projeté à 7,6 % du PIB, selon le rapport de la Commission des Finances et du Contrôle budgétaire

Sénégal : le déficit budgétaire projeté à 7,6 % du PIB, selon le rapport de la Commission des Finances et du Contrôle budgétaire

Sénégal : le déficit budgétaire projeté à 7,6 % du PIB, selon le rapport de la Commission des Finances et du Contrôle budgétaire

Le projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026 prévoit une baisse des recettes publiques, une hausse des dépenses et une réduction des investissements publics. Présenté devant les députés, le texte ramène la prévision de croissance économique de 5 % à 2,7 % et porte le déficit budgétaire à 7,6 % du produit intérieur brut (PIB), contre 5,4 % initialement.

Le gouvernement sénégalais revoit ses prévisions budgétaires pour l’année 2026. Devant les députés, le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan a exposé les principales raisons de cette révision, évoquant notamment le ralentissement de la croissance mondiale, la hausse des coûts énergétiques et la baisse des ressources attendues du Plan de relance économique et social (PRES).

Selon les données présentées au cours de la séance, la croissance économique attendue en 2026 passe de 5 % à 2,7 %. Cette révision intervient dans un contexte international marqué par des tensions économiques et géopolitiques qui pèsent sur les équilibres budgétaires.

La facture énergétique constitue également une préoccupation importante. Les subventions à l’énergie, initialement estimées à 250 milliards de francs CFA, sont réévaluées à 780,3 milliards de francs CFA. Le ministre a expliqué que, sans l’ajustement des prix intervenu le 15 août 2026, leur montant aurait dépassé 1 000 milliards de francs CFA.

À ces contraintes s’ajoute la révision des ressources attendues du PRES. Celles-ci sont désormais estimées à 311,5 milliards de francs CFA à fin 2026, contre 762,9 milliards initialement prévus.

Les nouvelles projections budgétaires traduisent une diminution des recettes et une progression des dépenses publiques.

Selon les chiffres présentés devant les députés, les recettes totales sont évaluées à 5 848,7 milliards de francs CFA, contre 6 188,8 milliards dans la loi de finances initiale, soit une baisse de 340,1 milliards de francs CFA.

Dans le même temps, les dépenses sont portées à 7 583,9 milliards de francs CFA, contre 7 433,9 milliards initialement prévus. Le déficit budgétaire devrait ainsi atteindre 1 735,2 milliards de francs CFA, représentant 7,6 % du PIB, contre 5,4 % dans les prévisions initiales.

Le ministre a justifié cette évolution par les charges supplémentaires liées à la situation énergétique, le maintien des dépenses sociales et la nécessité de couvrir les dépenses incompressibles, notamment les rémunérations des agents publics.

Les recettes fiscales sont, pour leur part, révisées à 4 931,5 milliards de francs CFA, soit une diminution annoncée de 451,3 milliards. Les recettes non fiscales sont estimées à 398,2 milliards de francs CFA, dont 199,9 milliards provenant du domaine et des hydrocarbures.

Dans l’examen du projet de loi de finance rectificative devant la commission de l’économie et des finances, le rapporteur a indiqué que le gouvernement a annoncé (05) cinq mesures fiscales améliorer le recouvrement des recettes, le gouvernement prévoit plusieurs modifications de la fiscalité.

Parmi les mesures présentées figure la suppression de certaines taxes sur les transferts d’argent et les paiements par carte, avec leur remplacement par une contribution de solidarité économique calculée sur le chiffre d’affaires des opérateurs concernés.

Le dispositif prévoit des taux de 8 % pour un chiffre d’affaires allant jusqu’à 150 milliards de francs CFA, de 9 % entre 150 et 300 milliards et de 10 % au-delà de ce dernier seuil. Le projet prévoit également de fixer l’impôt minimum forfaitaire à 0,5 % du chiffre d’affaires, avec un montant compris entre 250 000 et 10 millions de francs CFA selon la taille de l’entreprise.

D’autres dispositions concernent les droits de timbre, les dépôts d’espèces en banque et le rétablissement d’avantages fiscaux en faveur du logement social. Le gouvernement entend également renforcer le marquage fiscal des produits importés ou fabriqués localement afin de lutter contre la fraude. Les sanctions annoncées comprennent notamment la saisie, la confiscation et une amende de 100 000 francs CFA pour les produits non marqués.

Les investissements publics revus à la baisse. L’un des changements importants concerne les investissements publics. Selon les données communiquées par le rapporteur de la commission, lors de la présentation du projet, leur enveloppe est ramenée à 2 248,9 milliards de francs CFA, soit une baisse de 555 milliards, correspondant à 19,8 %.

Les dépenses de fonctionnement sont, en revanche, portées à 2 085 milliards de francs CFA. Le ministre a expliqué que certains projets dont le niveau de préparation est insuffisant, qui ne disposent pas encore de marchés ou dont l’exécution n’est pas suffisamment avancée pourraient être reprogrammés à partir de 2027. Il a précisé que ces ajustements ne signifiaient pas nécessairement l’abandon des projets concernés.

Dans les secteurs productifs, les crédits destinés à l’agriculture et à l’élevage devraient augmenter de 14,6 milliards de francs CFA. Le gouvernement prévoit également une hausse de 28,8 milliards de francs CFA des crédits consacrés à la santé, portant leur enveloppe à 246,1 milliards. Les bourses de sécurité familiale passeraient de 35 à 70 milliards de francs CFA, tandis que 1 437 milliards seraient consacrés à l’enseignement.

Les dépenses de défense et de sécurité atteindraient 672 milliards de francs CFA, en progression de 65 milliards. Au total, les dépenses sociales sont estimées à 2 266 milliards de francs CFA, soit 30 % des dépenses publiques, selon les chiffres présentés par le ministre.

La dette publique au cœur des préoccupations des parlementaires. Cette question de la dette occupe également une place importante dans les nouvelles orientations budgétaires.

Les besoins de trésorerie à mobiliser en 2026 sont évalués à 6 774 milliards de francs CFA. Le service de la dette atteindrait 5 801 milliards, tandis que les charges d’intérêt s’élèveraient à 1 285 milliards de francs CFA, représentant 26 % des recettes fiscales.

Pour couvrir ses besoins de financement, le gouvernement prévoit notamment 5 626 milliards de francs CFA d’emprunts programmés et de ressources provenant des marchés financiers et des partenaires, 975 milliards d’emprunts-projets et 173 milliards d’emprunts rétrocédés.

L’exécutif prévoit par ailleurs de préparer un plan de traitement de la dette et de poursuivre les démarches en vue d’un nouveau programme avec le Fonds monétaire international (FMI) pour la période 2027-2029.

Le projet de loi reconduit également une enveloppe de 300 milliards de francs CFA destinée à l’apurement de la dette non financière. Selon le ministre, la mise en œuvre de cette mesure tiendra compte des résultats de l’audit de l’Inspection générale des finances et des arbitrages budgétaires.

Au cours de l’examen du texte, plusieurs questions ont été soulevées concernant l’évolution des recettes, la réduction des investissements publics, le financement des projets structurants et le règlement des arriérés dus au secteur privé. Les parlementaires ont également demandé des précisions sur les subventions énergétiques, le financement des bourses de sécurité familiale ainsi que certaines dispositions fiscales.

En réponse, le ministre a indiqué qu’un mémorandum accompagné de documents budgétaires complémentaires avait été transmis aux commissaires afin de leur apporter des éléments supplémentaires d’appréciation. Les discussions doivent se poursuivre pour permettre au gouvernement de répondre aux préoccupations exprimées.

À fin septembre 2026, les recettes budgétaires s’établissaient à 3 743 milliards de francs CFA, pour un objectif cumulé de 3 814,2 milliards, soit un taux de réalisation de 98,1 %, selon les données communiquées au cours de la séance.

L’examen du projet de loi de finances rectificative intervient ainsi dans un contexte de contraintes budgétaires, marqué par la baisse des recettes attendues, l’augmentation de certaines dépenses et la nécessité de réajuster les investissements publics.

Les débats parlementaires doivent permettre d’apporter des précisions sur les choix budgétaires proposés pour la fin de l’exercice 2026.

Source : kewoulo.info