1. Les subventions sont déjà épuisées et les prix vont encore grimper
Passée de 250 à 790 milliards FCFA (+540 milliards), l’enveloppe destinée à subventionner le carburant est déjà entièrement consommée. Il n’y a plus de subvention d’ici la fin de l’année. Le gouvernement augmente donc les prix à la pompe (passés à 755 et 990 FCFA) et, selon les modèles de prévision économique, le gasoil atteindra 850 FCFA au plus tard début janvier.
2. Le sacrifice de 550 milliards FCFA d’investissements publics
Pour compenser les 540 milliards de subventions additionnelles, l’État supprime 550 milliards d’investissements. Or, l’investissement public finance les biens publics purs qui profitent à tous. Y renoncer revient à faire rembourser les subventions par les Sénégalais en les privant d’infrastructures.
3. Le dérapage du déficit budgétaire à 7,6 %
Malgré la hausse des prix à la pompe et la coupe dans les investissements, le déficit passe de 5,37 % à 7,6 % pour satisfaire aux engagements avec le FMI. Les citoyens paient plus cher aujourd’hui, perdent des investissements et paieront le reste demain via la dette.
4. Les incohérences sur les Bourses de sécurité familiale
D’abord, une erreur de classification : 22 milliards FCFA sont inscrits en dépenses d’investissement au lieu de transferts courants, et une partie des fonds est logée dans le PROCASEF, un programme dédié au cadastre et au foncier qui n’a aucun lien avec la protection sociale. Ensuite, les chiffres officiels se contredisent : 38,244 milliards dans le PTBA, 48 milliards annoncés par le ministre des Finances, et 50 milliards par le Premier ministre.
5. Le décret d’avance rend cette loi inutile
Si l’objectif réel est de soutenir les ménages ou de porter les bourses à 70 milliards, les députés n’ont pas besoin de voter une LFR qui pénalise la population. La loi de finances initiale permet déjà au Président de la République d’agir immédiatement par décret d’avance.
Quant à la LFI 2027 en préparation, le constat est encore plus sévère : ses orientations ne reposent ni sur la croissance économique pour absorber l’endettement, ni sur un effort réel de consolidation budgétaire.
