Macky Sall retire sa candidature à la tête de l’ONU : les dessous expliqués par Régis Hounkpé

Archives: Macky Sall au siège de l’ONU, lors du débat entre les candidats au poste de Secrétaire général de l’Organisation, organisé par l’Assemblée générale le 23 juillet 2026
Archives: Macky Sall au siège de l’ONU, lors du débat entre les candidats au poste de Secrétaire général de l’Organisation, organisé par l’Assemblée générale le 23 juillet 2026

Macky Sall a officiellement retiré sa candidature au poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU), vendredi 17 octobre, depuis Marrakech. L’ancien président sénégalais explique cette décision par les tendances issues des votes indicatifs du Conseil de sécurité, qui témoigneraient d’un consensus croissant en faveur d’une candidature féminine originaire d’Amérique latine et des Caraïbes.

Il affirme avoir pris cette décision avec un « profond sens des responsabilités », à l’issue de consultations avec Évariste Ndayishimiye, président en exercice de l’Union africaine, et Bassirou Diomaye Faye, président en exercice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

Toutefois, pour Régis Hounkpé, spécialiste en géopolitique, en coopération internationale et en communication stratégique, ce retrait s’explique également par des considérations politiques et géopolitiques. Interrogé par L’Observateur, l’expert estime que l’ancien chef de l’État sénégalais faisait face à la menace d’un nouveau veto et ne disposait plus de soutiens suffisants pour se maintenir dans une position favorable.

« Le Président Macky Sall était sous la menace d’un veto supplémentaire », souligne-t-il. Selon lui, les résultats des votes indicatifs ne lui ont pas permis de se retrouver « en pôle position » dans cette course à la succession du secrétaire général de l’ONU.

Régis Hounkpé relève également l’absence d’un soutien unanime à la candidature de Macky Sall sur le continent africain. « La question n’était pas totalement unanime », observe-t-il.

Pour l’interlocuteur du quotidien du Groupe futurs médias, le retrait de l’ancien président sénégalais relève ainsi d’un calcul mêlant rapports de force diplomatiques, enjeux géopolitiques et considérations tactiques. Macky Sall aurait finalement pris acte de l’évolution du contexte international et compris que ses chances de poursuivre la course étaient désormais compromises. Comme le résume l’expert, « la partie n’était plus jouable pour lui ».