Litige foncier à Ouest Foire: La société EGBOS et Oumar SY poursuivis pour tentative d’escroquerie au jugement

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Au cœur du conflit, deux arrêtés ministériels, plusieurs actes de procédure et un document dont la production aurait échoué. Les héritiers de feue Thiaba Diène réclament 125 millions de FCFA à EGBOS SA et à son directeur général, Oumar Sy.

 

Une citation directe a été délivrée, le 7 octobre 2026, à la société EGBOS SA et à son directeur général, Oumar Sy, pour comparaître devant la troisième chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance hors classe de Dakar. Selon des sources judiciaires consultées par Kéwoulo, cette procédure pénale a été engagée par Cheikh Ndir, agissant au nom des héritiers de feue Thiaba Diène. Au cœur du litige : une présumée tentative d’escroquerie au jugement, fondée sur des documents et arguments que la partie civile estime de nature à induire les magistrats en erreur.

Selon les conseils des héritiers, EGBOS SA aurait, dans son assignation en rétractation du 28 octobre 2025, son acte d’appel du 2 mars 2026 et ses conclusions d’appel du 13 juillet 2026, soutenu que l’arrêté n° 026181 du 16 septembre 2022 aurait confirmé ses droits fonciers ainsi que son autorisation de lotir un terrain situé à Ouest-Foire.

Une interprétation contestée par la partie civile. D’après ses avocats, l’arrêté ministériel invoqué par le dirigeant d’EGBOS aurait, au contraire, abrogé le précédent arrêté n° 046031 du 22 décembre 2021, qui autorisait le lotissement au profit de la société. L’article premier du texte du 16 septembre 2022 stipulerait expressément cette abrogation. Pour les héritiers de Thiaba Diène, cet acte administratif aurait donc retiré à EGBOS SA le fondement administratif lui permettant de procéder au lotissement du site litigieux. Ils reprochent ainsi à la société d’avoir présenté cet arrêté comme une confirmation de ses droits, alors qu’il aurait produit l’effet inverse.

Un procès-verbal de carence au cœur du dossier

Pour étayer leurs accusations, les héritiers affirment avoir fait sommer EGBOS SA, par exploit d’huissier, de produire la version physique du document sur lequel Oumar Sy se serait appuyé pour revendiquer des droits sur le site. Selon les informations communiquées à Kéwoulo, la société n’aurait pas été en mesure de présenter le document demandé. Cette absence de production aurait donné lieu à un procès-verbal de carence dressé le 9 mars 2026 par un huissier de justice, selon des sources proches du dossier foncier. Les héritiers considèrent que l’utilisation répétée de cette interprétation contestée dans les actes de procédure pourrait constituer un élément matériel de la tentative d’escroquerie au jugement qu’ils dénoncent.

À travers cette citation directe, la partie civile demande au tribunal de constater le caractère abrogatif, et non confirmatif selon elle, de l’arrêté du 16 septembre 2022. Elle réclame également la condamnation solidaire d’EGBOS SA et d’Oumar Sy au paiement de 125 millions de FCFA à titre de dommages et intérêts, en réparation des préjudices allégués. Les héritiers sollicitent enfin l’exécution provisoire de la décision ainsi que le prononcé d’une contrainte par corps contre le dirigeant d’EGBOS SA, dans les limites prévues par la loi.