Législatives en Israël: le «bloc du changement» uni pour évincer Benyamin Netanyahu du pouvoir

Législatives en Israël: le «bloc du changement» uni pour évincer Benyamin Netanyahu du pouvoir

Les chefs du « bloc du changement » se sont réunis ce 3 novembre. Les dirigeants des quatre partis ont décidé de recommander d’une seule voix Gadi Eisenkot au président qui doit débuter demain ses consultations pour la formation du prochain gouvernement. Objectif affiché : évincer sans délai Benyamin Netanyahu du pouvoir. D’autre part, la procureure générale a appelé le Shin Bet à partager l’avancée de leur enquête sur les soupçons de fraude électorale visant les partis arabes israéliens, assurant qu’aucun élément n’avait pour l’heure été transmis.

Une démonstration d’unité face à ce qu’ils qualifient de tentatives de déstabilisation de la part du Likoud, rapporte notre correspondant à Jérusalem, Michel Paul. À l’issue d’un peu plus d’une heure d’entretien, les ténors de l’opposition se sont accordés pour agir vite et revendiquer la première tentative de coalition.

Dès le début de la réunion, Yaïr Lapid, le chef de l’opposition sortante, a affiché une détermination sans détour. ​« Ce que nous devons faire maintenant, c’est aller former un gouvernement, car la conduite de ces derniers jours n’est qu’un rappel du fait que nous devons sortir Netanyahu et ses proches du bureau du Premier ministre. Ils ont causé suffisamment de dégâts à l’État d’Israël. »

Des équilibres qui restent précaires

Mais derrière cette façade unitaire, les équilibres restent précaires. Pour bâtir une majorité, le bloc a tranché : pas d’alliance formelle avec les partis arabes, au grand dam de Yaïr Golan du parti des démocrates qui a plaidé pour une ouverture vers la Liste arabe unie. Naftali Bennett et Avigdor Lieberman préfèrent eux regarder du côté des formations ultra-orthodoxes.

​Autre pomme de discorde non résolue : le perchoir de la Knesset, convoité pour Yaïr Lapid, mais mis en suspens par Gadi Eisenkot. La bataille pour arracher la présidence du Parlement dès l’investiture s’annonce comme le premier test de survie pour cette fragile alliance.

Eisenkot accuse le parti de Netanyahu de « pogrom contre la démocratie »

Gadi Eisenkot a accusé mardi soir Benjamin Netanyahu de « pogrom contre la démocratie », après que la procureure générale a émis des doutes sur la partialité de l’enquête lancée par les services de renseignement sur des soupçons de fraude électorale concernant les partis arabes.

« Les membres des services de sécurité, des forces de l’ordre et de la fonction publique en Israël sont au service de l’État, et non de son chef […] Dans leur détresse, le Likoud et Netanyahou tentent de commettre un véritable pogrom contre la démocratie et l’État de droit. Ils cherchent à nous entraîner tous dans une dangereuse crise constitutionnelle », a-t-il écrit sur X.

La procureure générale a appelé les services de renseignements intérieur (Shin Bet) à partager l’avancée de leur enquête, assurant qu’aucun élément n’avait pour l’heure été transmis. « Dans un État de droit, il n’est pas possible d’enquêter sur des citoyens ou des élus sans disposer d’éléments de preuve qui le justifient. Si le Shin Bet ou toute autre autorité détient un élément de preuve justifiant l’ouverture d’une enquête, il est invité à le présenter », a déclaré Gali Baharav-Miara, selon un communiqué transmis aux médias par sa porte-parole.

Avec RFI