Quelques jours seulement après le braquage d’une bijouterie à Louga, une nouvelle attaque à main armée a plongé le quartier de la Zac-Mbao dans l’effroi. Dans la nuit du samedi 17 au dimanche 18 octobre 2026, Modou Khabane Guèye, propriétaire et gérant d’une bijouterie locale, a perdu la vie en tentant de défendre son commerce. Le commissariat central de Rufisque a immédiatement ouvert une enquête.
L’enseigne « Bijouterie Zac Mbao » est une institution bien connue des riverains de cette commune de la banlieue dakaroise. Son gérant, Modou Khabane Guèye — originaire de Mbacké, monogame et père de trois enfants —, était réputé pour sa rigueur. Sa routine était immuable : il baissait le rideau dès le crépuscule.
Ce samedi, le non-respect de cet horaire a interpellé le voisinage. Constatant que la boutique était toujours éclairée à 21 heures, un habitant s’est approché pour s’enquérir de la situation. Face au silence pesant qui régnait à l’intérieur, le témoin a pénétré dans le commerce avant de buter sur une scène d’horreur. Le corps sans vie du bijoutier gisait à l’arrière du comptoir. L’alerte générale a aussitôt provoqué une vive émotion parmi les populations venues s’amasser devant l’établissement.
Dépêchés sur place, les hommes du commissariat central de Rufisque et les techniciens de la police scientifique ont dressé un périmètre de sécurité pour préserver la scène de crime. Les premières constatations révèlent la violence de l’assaut. Modou Khabane Guèye a opposé une farouche résistance à ses agresseurs, comme en témoignent les projections de sang sur les murs de la pièce.
Le rapport médico-légal préliminaire fait état d’une large entaille sur la tempe gauche et de multiples hématomes sur les membres supérieurs et inférieurs. Si les malfaiteurs ont tenté de forcer le coffre-fort de la bijouterie, les techniciens de la police ont constaté qu’il était resté scellé.
L’opération porte la marque de professionnels chevronnés. Avant d’agir, le commando a déconnecté le réseau électrique pour opérer dans la pénombre, avant de décrocher et d’emporter les caméras de sécurité de l’officine.
Cependant, les braqueurs ont commis une erreur technique majeure : l’enregistreur central des images (DVR) a été retrouvé intact par les enquêteurs. Cette pièce maîtresse, considérée comme le pivot de l’enquête, a été immédiatement transférée à la Division de la cybercriminalité pour extraction et analyse des visages.
Parallèlement, la police exploite des témoignages concordants faisant état de repérages suspects. Un ressortissant étranger a été aperçu à deux reprises vendredi après-midi, rôdant aux abords immédiats de la bijouterie à de courts intervalles (18h20 puis 18h35). À ce stade de l’instruction, le commissariat de Rufisque refuse de confirmer s’il s’agit du principal suspect ou d’un simple témoin. Les investigations se poursuivent activement.
