Le Sénégal est désormais le pays le plus endetté d’Afrique de l’Ouest, selon le journal L’Observateur, qui s’appuie sur un rapport de la Banque africaine de développement (BAD) consacré aux perspectives économiques de la région. À la suite de l’audit réalisé en 2025, la dette publique totale du pays, comprenant les engagements intérieurs et extérieurs, a été réévaluée à environ 132 % du produit intérieur brut (PIB).
Cette révision marque un écart considérable par rapport aux estimations antérieures à l’audit, qui situaient la dette extérieure à 58,9 % du PIB. Elle met en évidence l’ampleur des défis auxquels les autorités sénégalaises sont confrontées pour rétablir les équilibres budgétaires et assurer la soutenabilité des finances publiques.
Des niveaux d’endettement contrastés en Afrique de l’Ouest
À l’échelle régionale, la dette extérieure a reculé, passant de 39,1 % du PIB en 2024 à 35,6 % en 2025. Toutefois, plusieurs pays continuent d’afficher des ratios d’endettement élevés.
Le Cabo Verde figure parmi les pays les plus endettés, avec une dette extérieure représentant 87,3 % du PIB et une dette publique totale estimée à environ 103 % du PIB, selon son rapport-pays 2026. La Gambie présente également un niveau important, avec une dette extérieure équivalant à 47,8 % du PIB.
Au Nigéria, la dette extérieure a diminué pour s’établir à 36,8 % du PIB en 2025, contre 40,5 % un an plus tôt. Malgré cette baisse, le ratio reste supérieur à la fourchette de 13 à 21 % enregistrée entre 2017 et 2023. Cette évolution est notamment liée aux emprunts contractés dans le cadre des réformes structurelles engagées par le pays.
Un service de la dette qui pèse sur les finances publiques
Au-delà du niveau d’endettement, le remboursement de la dette constitue une contrainte majeure pour les économies dont les recettes d’exportation restent insuffisantes.
En 2025, le service de la dette représentait 41,9 % des exportations du Sénégal, contre 24,8 % au Nigéria. Ces charges réduisent les marges de manœuvre budgétaires des États et limitent les ressources disponibles pour financer les infrastructures, les politiques de développement et les dépenses sociales.
Le recours accru aux financements intérieurs
La structure de la dette évolue également, avec une place grandissante accordée aux marchés financiers intérieurs et aux financements concessionnels, généralement assortis de conditions plus avantageuses que les emprunts commerciaux.
Cette évolution peut contribuer à réduire certains risques de refinancement. Elle ne suffit toutefois pas à alléger immédiatement le poids des remboursements, qui devrait rester élevé jusqu’en 2027.
Pour le Sénégal, l’enjeu consiste désormais à maîtriser la progression de la dette, à restaurer la confiance des partenaires financiers et à préserver les capacités de financement de l’État, sans compromettre les investissements prioritaires ni les dépenses sociales.
