CEDEAO : le président Diomaye faye appelle les nouveaux juges à défendre une justice impartiale et indépendante

CEDEAO : le président Diomaye faye appelle les nouveaux juges à défendre une justice impartiale et indépendante

Les cinq nouveaux juges de la Cour de justice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont officiellement prêté serment à Abuja. À cette occasion, les principaux responsables de l’organisation régionale les ont exhortés à exercer leur mission avec équité, fermeté et impartialité, dans un contexte marqué par de profondes tensions au sein de la région.

Présidant la cérémonie, le président en exercice de l’Autorité des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO, Bassirou Faye, a rappelé aux nouveaux magistrats la portée de l’engagement qu’ils venaient de prendre.

« Le serment que vous venez de prêter doit guider chacun de vos actes », leur a-t-il déclaré, les invitant à rester à l’abri de toute pression ou influence extérieure dans l’exercice de leurs fonctions.

« Servir uniquement la loi de la communauté »

Le président de la Commission de la CEDEAO, le général Birame Diop, a lui aussi insisté sur la dimension solennelle de cette prestation de serment. Selon lui, cet engagement marque le moment où le juge doit mettre de côté ses intérêts personnels et toute influence extérieure afin de se consacrer pleinement au droit communautaire.

Il a par ailleurs souligné le rôle croissant de la Cour de justice, devenue plus accessible aux citoyens de la communauté. Une évolution qui, selon lui, donne « un sens concret à l’idée d’une CEDEAO des peuples, et non plus seulement des États ».

Les États invités à respecter les décisions de la Cour

De son côté, le président du Conseil judiciaire de la CEDEAO, le juge Komba Kamanda, a mis l’accent sur une condition essentielle à l’efficacité de la justice communautaire : l’application effective des décisions rendues par la Cour.

Il a appelé les États membres à respecter et à mettre rigoureusement en œuvre ces décisions, estimant que l’autorité de la justice régionale dépend également de leur capacité à faire respecter le droit communautaire.

Aux cinq nouveaux magistrats, il a rappelé qu’ils devenaient désormais des « bâtisseurs du droit communautaire ». Une responsabilité majeure, notamment en matière de protection des droits humains.

« La protection des droits ne doit donc jamais être considérée comme une abstraction », a-t-il insisté.

Un mandat de quatre ans

Selon l’Agence de presse nigériane (NAN), les cinq juges ont été nommés pour un mandat non renouvelable de quatre ans, lors du sommet de Lungi, en Sierra Leone.

Ils succèdent à l’équipe sortante et devront désormais contribuer à renforcer la crédibilité et l’indépendance de la justice communautaire. Les nouveaux magistrats doivent également procéder à l’élection, en leur sein, d’un président et d’un vice-président.

Dans une CEDEAO confrontée à d’importants défis politiques et institutionnels, leur mandat s’annonce ainsi déterminant pour consolider l’État de droit, la protection des citoyens et l’autorité du droit communautaire.