Ancien critique de Bassirou Diomaye Faye et d’Ousmane Sonko, Babacar Abba Mbaye revendique aujourd’hui son adhésion à Kiiraay. Nommé directeur général de la Sonaged, l’ancien responsable de Taxawu Sénégal balaie les soupçons d’opportunisme et défend un choix qu’il présente comme dicté par l’intérêt national.
Dans un entretien accordé à L’Observateur, il justifie son repositionnement politique par les alertes qu’il avait lancées sur la gouvernance du pays. « Nous critiquions la méthode de gouvernance, les discours contre le FMI et sur la dette, les arrestations intempestives. Aujourd’hui, le pays est en pleine crise économique et financière. Il y a deux ans, nous disions de faire attention », rappelle-t-il, avant de trancher : « L’histoire nous a donné raison. »
De la critique au rapprochement avec Diomaye
Le rapprochement avec le chef de l’État s’est amorcé de manière inattendue, à l’occasion d’un décès. Une rencontre avec des collaborateurs de Bassirou Diomaye Faye, ponctuée de plaisanteries, a finalement ouvert la voie à une audience d’une heure consacrée à la situation nationale. « Des boutades ont débouché sur une audience d’une heure sur la situation du pays », raconte-t-il.
Sa nomination à la tête de la Sonaged, intervenue après ce rapprochement, soulève toutefois la question d’un éventuel retour d’ascenseur. Babacar Abba Mbaye rejette implicitement cette lecture et insiste sur le caractère désintéressé de son engagement : il affirme avoir soutenu le président « sans condition ». Il met plutôt en avant son expérience dans les collectivités territoriales et sa maîtrise des problématiques de gestion urbaine. « Vu notre âge et notre parcours, c’est le moment de prendre des responsabilités », justifie-t-il.
Khalifa Sall, une page définitivement tournée
L’ancien responsable de Taxawu Sénégal revient également sur sa séparation avec Khalifa Sall, avec lequel il a partagé de longues années de combat politique. Il rappelle avoir accompagné l’ancien maire de Dakar durant ses trois années de détention, avec la volonté de contribuer à son retour sur la scène politique.
« Nous avons attendu ses trois ans de prison à ses côtés et pris l’engagement de le relever politiquement. […] Nous l’avons accompagné jusqu’aux Législatives. Il a ensuite créé son parti, et nous avons considéré que la boucle était bouclée », explique-t-il.
Entre justifications politiques, défense de son intégrité et volonté d’assumer de nouvelles responsabilités, Babacar Abba Mbaye revendique ainsi un nouveau chapitre de son parcours, sans renier ses anciennes prises de position.
