Année scolaire 2026-2027 : le G7 passe à l’action avec 72 heures de grève

Année scolaire 2026-2027 : le G7 passe à l’action avec 72 heures de grève

La nouvelle année scolaire 2026-2027 s’annonce sous de très hautes tensions au Sénégal. Le G7, qui regroupe les principaux syndicats d’enseignants (SAEMS, UDEN, CUSEMS, etc.), a publié un communiqué ce 15 octobre 2026. Entre inondations persistantes, promesses gouvernementales non tenues et retards de salaires, le front social s’embrase déjà avec l’annonce d’un mot d’ordre de grève de trois jours.

Cette rentrée intervient dans un contexte climatique particulièrement difficile, marqué par des inondations consécutives aux pluies diluviennes tombées au début du mois d’octobre. De nombreux établissements scolaires se sont retrouvés sous les eaux, tandis que le réseau de transport a été lourdement perturbé par des coupures de routes et des flaques profondes rendant plusieurs voies inaccessibles.

Face à cette situation, le G7 a salué la décision du Ministère de l’Éducation nationale de reporter la rentrée des élèves au lundi 12 octobre 2026. Le collectif a également tenu à exprimer sa profonde gratitude envers l’ensemble des forces vives de la nation mobilisées pour les opérations de pompage, de nettoiement et de désherbage des écoles, tout en exhortant les autorités à poursuivre les actions engagées pour libérer les établissements encore inondés.

Les enseignants n’ont pas manqué de répondre massivement présent le 5 octobre dernier pour la rentrée administrative, une date coïncidant cette année avec le soixantième anniversaire de la Journée Mondiale de l’Enseignant (JME) dédiée à la protection et à la valorisation de la profession. Toutefois, le G7 déplore qu’au Sénégal, un long chemin reste encore à parcourir pour valoriser véritablement le statut du personnel enseignant.

Le G7 dresse un bilan alarmant du suivi du protocole d’accord signé le 16 avril 2026 à la Primature, déplorant la violation manifeste des engagements pris par le gouvernement.

L’évaluation de ce protocole révèle la non-publication en septembre 2026 de l’étude sur le système de rémunération des agents de la fonction publique, tout comme l’absence de partage des résultats de l’audit sur les rappels dus aux enseignants, initialement prévu en août 2026. S’y ajoutent des blocages persistants concernant le paiement des indemnités dès la fin des examens, la digitalisation du processus et le parachèvement de la Formation Diplômante Universelle (FDU) selon l’agenda convenu.

De plus, le syndicat dénonce le non-respect du décret 2026-65 relatif aux décisionnaires à tort, l’absence de prise en compte de la revalorisation de leurs pensions de retraite, ainsi que le retard dans le paiement des indemnités des classes EFA et la dotation des écoles élémentaires en manuels scolaires en arabe.

Malgré les promesses solennelles des ministres et l’engagement du Premier ministre sortant à se porter garant de l’accord, le gouvernement a failli à sa parole, transformant ces engagements non tenus en un risque majeur d’instabilité pour l’année scolaire.

À ces manquements structurels s’ajoutent de lourds problèmes conjoncturels qui fragilisent le quotidien des enseignants. Le collectif pointe du doigt la résurgence des retards de paiement des salaires des enseignants contractuels, ainsi que les dysfonctionnements autour du troisième regroupement des stagiaires de la FASTEF et le retard de décaissement de l’enveloppe financière globale.

On note également des lenteurs accumulées dans la formation des animateurs polyvalents et des anomalies majeures dans l’octroi des prêts au logement (DMC), caractérisées par des prélèvements multiples sur les salaires alors que les crédits ne sont pas positionnés. Enfin, le G7 déplore les errements notés dans la préparation des certificats d’aptitude pédagogique (CAP 2026) ainsi que l’absence de solution définitive pour la situation des écoles sénégalaises en Gambie.

Considérant que le gouvernement fait preuve d’un manque de volonté politique manifeste pour régler ces problématiques essentielles, le G7 tape du poing sur la table. Rappelant qu’il incombe à l’État d’assurer le bon déroulement des enseignements et de garantir la stabilité de l’année scolaire, le collectif prévient que tout manquement sera assimilé à une volonté de priver les enfants sénégalais de leur droit constitutionnel à l’éducation.

Afin de contraindre le gouvernement à respecter ses engagements, la plénière du G7 enclenche un plan d’actions d’avertissement et décrète une grève totale dans tous les établissements scolaires du Sénégal les mercredi 21, jeudi 22 et vendredi 23 octobre 2026. Les enseignants sont appelés à faire preuve d’une vigilance redoublée et à jouer pleinement leur rôle de sentinelles pour exiger l’application stricte des accords du 16 avril 2026.