Affaire Noura Ba: Le chroniqueur Momo Cissé de SEN TV placé en garde à vue pour « diffusion de fausses nouvelles »

Affaire Noura Ba: Le chroniqueur Momo Cissé de SEN TV placé en garde à vue pour « diffusion de fausses nouvelles »

Le chroniqueur de la SEN TV, Mouhamed Cissé, dit Momo, a été placé en garde à vue à l’issue de son audition à la Division spéciale de la cybersécurité. Ses déclarations sur les conditions de l’interpellation de l’influenceuse Noura Ba seraient au cœur de cette procédure.

C’est une issue à laquelle beaucoup s’attendaient. Mouhamed Cissé, plus connu sous le nom de Momo Cissé, chroniqueur à la SEN TV, n’a pas quitté libre les locaux de la Division spéciale de la cybersécurité où il était entendu depuis ce matin. Selon des informations obtenues par Kéwoulo auprès de sources judiciaires, il a été placé en garde à vue à l’issue de son face-à-face avec les enquêteurs.

Au cœur de cette affaire : les déclarations du chroniqueur sur les circonstances de l’interpellation de l’influenceuse Noura Ba, de son vrai nom Mariama Ba. Sur le plateau de SEN Teranga, une chaîne YouTube, Momo Cissé avait dénoncé ce qu’il présentait comme des violences et des traitements abusifs infligés à la jeune femme. Il avait notamment évoqué des insultes, l’intervention présumée d’un policier en civil et son arrestation, suivie de son transfert dans les locaux de la police.

Des propos qui ont conduit le chroniqueur devant les enquêteurs de la cybersécurité. Ces derniers cherchent notamment à déterminer la portée de ses déclarations et les éléments sur lesquels elles reposent. À ce stade, les faits précis qui lui sont reprochés et les éventuelles qualifications pénales retenues contre lui restent à établir.

Noura Ba, une arrestation qui suscite la polémique

L’affaire Momo Cissé intervient dans un contexte particulièrement sensible. L’influenceuse Noura Ba, présentée comme une Sénégalaise d’origine guinéenne, a été arrêtée pour des faits présumés d’injures publiques avant d’être placée sous mandat de dépôt. Elle ferait l’objet de plusieurs chefs d’inculpation, dont celui d’obtention frauduleuse de documents administratifs sénégalais.

Son arrestation, largement commentée sur les réseaux sociaux, a suscité des réactions contrastées. Certains y voient une procédure judiciaire relevant du droit commun ; d’autres dénoncent un traitement qu’ils estiment disproportionné et s’interrogent sur les soupçons de xénophobie visant les personnes d’origine étrangère vivant au Sénégal.

C’est sur ce terrain que Momo Cissé avait choisi de se positionner. Se présentant comme engagé dans la lutte contre la xénophobie, le chroniqueur s’était indigné du sort réservé à l’influenceuse. Il avait dénoncé ce qu’il considérait comme un harcèlement politico-judiciaire à l’encontre de Mariama Ba.

Quand la dénonciation expose à son tour son auteur

Mais dans sa volonté de défendre l’influenceuse, le chroniqueur s’est lui-même retrouvé au centre d’une procédure judiciaire. Ses déclarations sur les conditions de l’interpellation de Noura Ba sont désormais au cœur des investigations.

Reste à déterminer si les propos tenus relèvent de la dénonciation de faits que leur auteur estime réels ou s’ils sont susceptibles de constituer une infraction au regard de la loi. Seule la procédure permettra de préciser les faits reprochés au chroniqueur et les éléments sur lesquels les enquêteurs fondent leurs investigations.

Une chose est certaine : l’affaire dépasse désormais le seul dossier Noura Ba. Elle pose, une nouvelle fois, la question des limites de la liberté d’expression, de la responsabilité des chroniqueurs dans leurs prises de parole publiques et de la frontière entre dénonciation militante et accusations susceptibles d’entraîner des poursuites judiciaires.