C’est un dossier sensible qui fait grincer des dents au sein de l’Agence d’assistance à la sécurité de proximité (ASP). Mais rares sont ceux qui osent en parler publiquement, par peur de perdre leur emploi ou le maigre revenu qu’ils tirent de leur fonction. Depuis plusieurs mois, des agents dénoncent le refus de prise en charge médicale dans plusieurs structures sanitaires, notamment à Ziguinchor, Sédhiou, Matam, Saint-Louis et dans le nord du pays. En cause : des arriérés que la mutuelle des ASP devrait aux établissements de santé.
Pourtant, selon des sources internes, 2 500 FCFA sont prélevés chaque mois sur le salaire de chaque agent au titre de la cotisation à cette mutuelle. Une ponction qui pèse sur des revenus déjà modestes, alors que certains agents ont des enfants à charge. L’agression dont a été victime l’ASP O. Sarr à l’hôpital Roi Baudouin de Guédiawaye remet aujourd’hui cette question sur la table : qui prend en charge les agents blessés dans l’exercice de leurs fonctions ?
Selon une source interne ayant requis l’anonymat, O. Sarr aurait dû payer elle-même ses soins et son certificat médical après avoir été agressée dans l’enceinte de l’établissement. Contrairement à certaines informations publiées dans la presse, F. Keïta, citée dans cette affaire, serait aide-soignante à la maternité de l’hôpital, et non sage-femme.
D’après les informations recueillies par Kéwoulo, l’agression aurait été commise par l’un des accompagnants de F. Thiam. « Elle a reçu un violent coup de poing qui a projeté sa tête contre une porte. Elle a beaucoup saigné. Malgré son statut d’agent travaillant dans cet hôpital, elle a dû payer ses frais médicaux, dont 10 000 FCFA pour le certificat médical », affirme une source médicale.
L’affaire a ensuite pris une autre tournure. Alors qu’O. Sarr envisageait de porter plainte, elle se serait finalement désistée après avoir été encouragée à régler le différend à l’amiable, selon des sources judiciaires. Mais, à sa grande surprise, l’autre partie aurait ensuite déposé une plainte, qu’elle a maintenue.
Aujourd’hui, cette agente issue de la première promotion des ASP doit encore trouver les moyens de financer ses soins. Une situation qui soulève une question préoccupante : à quoi servent les cotisations prélevées chaque mois si les agents ne peuvent pas bénéficier de leur prise en charge médicale, même lorsqu’ils sont victimes d’une agression ?
