LFR 2026 : Pastef annonce qu’il ne votera pas et dénonce les choix budgétaires du gouvernement

LFR 2026 : Pastef annonce qu’il ne votera pas et dénonce les choix budgétaires du gouvernement

Le Pastef ne votera pas le projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026 en l’état. C’est la position ferme affichée par Ousmane Sonko, président du parti au pouvoir, lors d’un point de presse tenu ce lundi 19 octobre 2026 à Dakar. Cette déclaration intervient alors que le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a demandé un examen prioritaire du texte transmis à l’Assemblée nationale il y a deux semaines.

Au-delà d’un simple désaccord sur les chiffres, cette prise de position met en lumière de profondes divergences sur les orientations budgétaires du gouvernement et leur conformité avec les ambitions de l’Agenda national de transformation.

Des priorités budgétaires contestées

Pour Ousmane Sonko, le projet de LFR 2026 ne traduit pas suffisamment les objectifs de transformation économique et sociale portés par le projet politique de Pastef. Le leader du parti dénonce notamment la baisse des crédits alloués aux secteurs sociaux, en particulier l’éducation et la formation professionnelle, ainsi qu’une place jugée insuffisante accordée à l’investissement.

« Les budgets sociaux tels que l’éducation et l’emploi professionnel ont diminué. En plus, nous considérons que l’investissement n’est pas une priorité pour le gouvernement actuel », a-t-il déclaré.

Cette critique soulève la question de l’arbitrage entre les contraintes budgétaires et le financement des secteurs considérés comme essentiels au développement du pays. Pour le président de Pastef, les choix opérés dans le cadre de cette loi rectificative ne répondent pas aux exigences de transformation économique, de création d’emplois et d’amélioration des conditions de vie des populations.

Une mise en garde adressée aux députés

La contestation de Pastef ne se limite pas au contenu du texte. Ousmane Sonko met également en garde les parlementaires contre les conséquences politiques et institutionnelles d’un éventuel vote favorable.

« L’Assemblée nationale serait complice » des agissements du gouvernement si elle adoptait le projet, a-t-il averti.

Cette déclaration traduit la volonté du leader de Pastef de placer les députés devant leur responsabilité dans l’examen de la LFR 2026. Elle souligne également l’importance de la procédure parlementaire dans le contrôle des choix budgétaires et dans l’évaluation de leur conformité aux engagements politiques annoncés.

La demande d’examen prioritaire formulée par le chef de l’État ne semble donc pas suffire à lever les réserves exprimées par Ousmane Sonko, qui conditionne clairement son soutien à une révision du texte.

Les subventions aux produits pétroliers au cœur du différend

Autre point majeur de désaccord : la réduction des subventions aux produits pétroliers. Selon Ousmane Sonko, l’enveloppe consacrée à ces mécanismes de soutien est passée de 790 à 552 milliards de francs CFA, soit une diminution de 238 milliards, correspondant à environ 30 %.

Le responsable politique attribue cette évolution aux exigences de l’accord conclu avec le Fonds monétaire international (FMI). Il affirme également que cet accord prévoit un plafonnement des subventions à 1 % du produit intérieur brut (PIB).

Cette orientation budgétaire soulève des interrogations sur ses conséquences économiques et sociales, notamment sur le pouvoir d’achat des ménages et les coûts supportés par les entreprises. Une diminution des subventions pourrait, en effet, se traduire par une répercussion plus importante des coûts des produits pétroliers sur les consommateurs, selon les modalités retenues par les autorités.

Ousmane Sonko a notamment évoqué une possible hausse du prix du litre de diesel, actuellement présenté à 755 francs CFA. Une telle évolution, si elle se confirmait, pourrait également avoir des répercussions indirectes sur les coûts du transport et de certaines activités économiques.

Un vote conditionné à des réponses concrètes

À travers cette sortie médiatique, Ousmane Sonko pose les conditions d’un éventuel réexamen de sa position : les préoccupations soulevées concernant les dépenses sociales, l’investissement et les subventions pétrolières doivent, selon lui, recevoir des réponses satisfaisantes.

Le message est sans ambiguïté : tant que les manquements dénoncés ne seront pas corrigés, Pastef ne soutiendra pas le projet de loi de finances rectificative 2026 dans sa version actuelle.

L’enjeu dépasse ainsi le seul vote d’un texte budgétaire. Il concerne la cohérence entre les orientations économiques retenues, les engagements de transformation nationale et les contraintes liées aux relations avec le FMI. L’évolution des discussions autour de la LFR 2026 permettra de mesurer si des ajustements sont possibles et si les divergences exprimées pourront être surmontées avant le vote parlementaire.