Le grand soulagement. Longtemps contraints à de coûteux et exténuants voyages vers Dakar ou Thiès pour de simples examens spécialisés, les patients de la Casamance s’apprêtent à voir leur quotidien radicalement changer. Ce jeudi 15 octobre 2026, l’Établissement hospitalier militaire (EHM) Colonel Georges Niouky de Ziguinchor a franchi un palier décisif en inaugurant son tout nouveau centre d’imagerie médicale, équipé d’un scanner de dernière génération.

La coupure du ruban s’est déroulée en grande pompe, en présence du médecin-colonel Abdou Razeck Ndiaye, directeur du Service de santé des Armées, et du colonel Cheikh Gueye, commandant de la zone militaire n° 5. Un parterre d’autorités administratives et sanitaires avait également fait le déplacement pour saluer ce qui s’apparente à une petite révolution locale.
Si l’infrastructure bat pavillon militaire, sa vocation est résolument publique. Le centre de diagnostic — qui intègre des blocs de radiographie, d’échographie et de scanographie — est entièrement ouvert aux populations civiles de toute la région naturelle de la Casamance. Dans une zone où l’enclavement géographique pèse lourdement sur les évacuations d’urgence, la possibilité d’obtenir un diagnostic précis et immédiat sur place va directement sauver des vies en optimisant la prise en charge médicale.

Cette inauguration n’est pas un fait isolé, mais l’aboutissement d’une transformation profonde. Simple infirmerie de garnison à l’origine, la structure a entamé sa mue en 2016 avant d’obtenir le statut officiel d’Établissement hospitalier militaire (EHM) en juin 2024.

L’armée ne compte pas s’arrêter en si bon chemin : les autorités ont profité de l’événement pour officialiser le lancement prochain d’un projet d’unité d’hémodialyse de 25 lits. Une annonce majeure pour les malades chroniques souffrant d’insuffisance rénale dans le sud du pays. À travers ce déploiement de technologies, la médecine militaire s’affirme une fois de plus comme le bras armé du désenclavement sanitaire du Sénégal.
