Les images donnent froid dans le dos. Ce qui ressemble à des scènes sorties d’un film catastrophe est pourtant bien réel. Ce vendredi matin, plusieurs bateaux se sont retrouvés échoués sur la plage de Hann Bel-Air, à quelques mètres seulement des habitations. Les reporters de Kéwoulo, présents sur le terrain, ont constaté d’importants dégâts provoqués par la forte houle et les violents vents enregistrés en mer dans la nuit.
À Hann Bel-Air, la mer a encore rappelé sa puissance. Mais cette fois, elle n’a pas seulement grignoté le littoral. Elle a poussé des embarcations jusque dans les concessions et au pied des maisons.
Selon les premières constatations effectuées par les reporters de Kéwoulo sur place, pas moins de sept bateaux auraient été rejetés sur la plage sous l’effet des conditions météorologiques particulièrement difficiles enregistrées dans la nuit et baptisé «Gonzalo » par les services météorologiques américains.
Certaines embarcations se sont retrouvées à une distance inquiétante des habitations. À moins de trois mètres, selon les témoignages recueillis sur place. L’une d’elles aurait même terminé sa course pratiquement au niveau de la fenêtre d’un bâtiment.
La violence de la houle ne s’est pas limitée au déplacement des bateaux. Dans plusieurs habitations situées à proximité du rivage, les dégâts sont visibles. Une terrasse aurait été détruite sous la puissance des vagues et des embarcations projetées contre les installations. Dans une maison, une dalle aurait même cédé au niveau de deux chambres, selon les constatations rapportées par les équipes de Kéwoulo présentes sur les lieux.
Des bateaux au pied des maisons
La scène est surréaliste. Des embarcations habituellement destinées à prendre le large se retrouvent désormais immobilisées sur la plage, à quelques pas des maisons.
Dans le quartier, les habitants sont encore sous le choc. La nuit a été particulièrement agitée et plusieurs riverains disent avoir entendu la violence des vagues et du vent avant de découvrir, au lever du jour, l’ampleur des dégâts.
La gendarmerie sénégalaise s’est rendue sur les lieux afin d’effectuer les constatations d’usage. Mais, selon les témoignages recueillis par les reporters de Kéwoulo, aucun membre d’équipage n’aurait été aperçu à proximité des embarcations au moment des premières constatations des riverains. Cette information reste à confirmer par les autorités compétentes.
Autre interrogation : la présence des services de protection civile. Alors que plusieurs bateaux se trouvent désormais au contact direct des habitations et que certaines maisons ont subi des dommages, les riverains affirment ne pas avoir constaté, dans l’immédiat, une présence importante des services de secours autour des embarcations.
L’érosion, l’autre menace
Au-delà de l’épisode météorologique de cette nuit, cette situation remet surtout sur la table une vieille inquiétude des populations de Hann-Bel-Air : l’avancée de la mer.
Dans cette partie du littoral dakarois, l’érosion marine constitue depuis plusieurs années une menace pour les habitations et les infrastructures installées à proximité de la côte. À chaque épisode de forte houle, les populations redoutent de voir la mer gagner davantage de terrain.
Et ce qui s’est produit cette nuit vient renforcer cette inquiétude.
Des bateaux projetés contre des maisons, des terrasses endommagées, une dalle qui aurait cédé et des habitations désormais exposées à quelques mètres seulement de la mer : à Hann Bel-Air, le spectacle de ce vendredi matin ressemble à un nouvel avertissement.
Alors que les autorités doivent encore établir précisément les circonstances de l’échouage de ces embarcations et dresser le bilan des dégâts, les populations, elles, regardent désormais la mer avec davantage de méfiance.
Car derrière ces images spectaculaires se pose une question beaucoup plus inquiétante : jusqu’où la mer reculera-t-elle encore les limites de Hann-Bel-Air ?






