Exclusif Enquête

ÉPIDÉMIE DE TOXI-INFECTION ALIMENTAIRE À KÉBÉMER : 548 CAS RECENSÉS EN CINQ JOURS, LES PATIENTS TÉMOIGNENT

ÉPIDÉMIE DE TOXI-INFECTION ALIMENTAIRE À KÉBÉMER : 548 CAS RECENSÉS EN CINQ JOURS, LES PATIENTS TÉMOIGNENT

ÉPIDÉMIE DE TOXI-INFECTION ALIMENTAIRE À KÉBÉMER : 548 CAS RECENSÉS EN CINQ JOURS, LES PATIENTS TÉMOIGNENT

À Kébémer, l’épidémie de toxi-infection alimentaire continue de susciter inquiétudes et interrogations. Entre douleurs abdominales, vomissements et diarrhées, plusieurs habitants ont été pris en charge dans les structures sanitaires de la commune. Du 2 au 6 novembre 2026, 548 cas ont été recensés. Sur place, des patients racontent leur calvaire et appellent à la vigilance, tandis que les causes de cette situation restent à déterminer.

Tout a commencé le lundi 2 novembre 2026. Dans la commune de Kébémer, plusieurs habitants sont soudainement pris de violentes douleurs abdominales, accompagnées de diarrhées et de vomissements. Face à la multiplication des symptômes, les populations se précipitent vers les structures sanitaires les plus proches. En l’espace de cinq jours, le district sanitaire enregistre 548 cas de toxi-infection alimentaire.

Parmi les personnes touchées figure Moctar Niang, enseignant de profession. Encore marqué par les événements, il revient sur les premières heures de cette situation qui a également affecté sa famille.

« Lorsque j’ai commencé à ressentir les douleurs, je me suis rendu à l’hôpital. Le lundi, quand la situation est devenue préoccupante, j’ai demandé à mon épouse d’amener les enfants au centre d’instruction de la gendarmerie. Ils y ont reçu les premiers soins avant d’être transférés au centre de santé de Kébémer. Aujourd’hui, je me porte mieux, mais l’un de mes enfants a rechuté. Il est encore sous surveillance médicale », témoigne-t-il.

Comme lui, El Hadji Diop a vécu des heures particulièrement difficiles. L’ouvrier métallurgiste explique que les premiers symptômes sont apparus dans l’après-midi du lundi 2 novembre.

« Vers 14 heures, j’ai commencé à ressentir des douleurs au ventre. Ensuite, les vomissements et la diarrhée ont commencé, jusqu’à ce que je perde mes forces. Vers 19 heures, je me suis rendu au centre de santé de Kébémer. J’y ai reçu des soins jusqu’à tard dans la nuit avant d’être autorisé à rentrer », raconte-t-il.

Aujourd’hui, malgré quelques séquelles, il affirme avoir retrouvé suffisamment de forces pour reprendre ses activités professionnelles. Il tient également à rassurer son entourage et à saluer le travail du personnel soignant.

« Il n’y a pas lieu de paniquer. Le personnel de santé fait tout son possible pour prendre en charge les malades », estime-t-il.

À la cinquantaine, Amar Ndong reste, lui, affaibli par la maladie. Bien qu’il ressente encore des douleurs, il n’a pas constaté de symptômes similaires chez les autres membres de sa famille. Ne connaissant pas les causes de cette épidémie, il appelle néanmoins les populations à redoubler de prudence.

« Il faut éviter la panique, mais renforcer la vigilance. Les efforts sont en cours pour identifier l’origine de cette maladie. Je viens d’un village situé à huit kilomètres de Kébémer. Je suis venu aujourd’hui pour un pansement au doigt, mais j’aimerais également bénéficier d’une nouvelle consultation si possible », confie-t-il.

L’inquiétude dépasse d’ailleurs les limites de la commune. Meissa Bèye, informé de la maladie de plusieurs membres de sa famille, explique avoir rapidement organisé leur prise en charge au poste de santé de leur village. Si certains ont retrouvé leur état de santé, un autre patient a connu une rechute avant de bénéficier à nouveau de soins.

Pour lui, l’absence d’explications précises sur les causes de cette situation alimente les interrogations au sein des populations.

« Personne ne connaît véritablement l’origine de cette maladie. Il y a beaucoup de spéculations autour de cette épidémie. Les autorités effectuent des prélèvements et des analyses sur différents produits pour en déterminer les causes. En attendant les résultats, chacun doit faire preuve de prudence dans sa consommation », recommande-t-il.

Une riveraine rencontrée sur place partage les mêmes préoccupations. Elle raconte notamment le cas de plusieurs enfants de son voisinage qui, après leur retour de l’école, ont commencé à ressentir de violentes douleurs abdominales.

« À leur descente de l’école, les enfants ont commencé à se tordre de douleur. Nous les avons immédiatement conduits à l’hôpital. Mais jusqu’à présent, nous ne savons pas ce qui provoque cette maladie. Est-ce un virus ou une infection ? Nous n’en savons rien », déplore-t-elle.

Des interrogations autour des causes et de la riposte sanitaire. Au-delà des témoignages, cette situation soulève des interrogations sur l’origine de l’épidémie et les mesures de riposte engagées. Les autorités sanitaires poursuivent les investigations afin d’identifier la source de cette toxi-infection alimentaire. Des prélèvements et des analyses sont notamment annoncés sur différents produits susceptibles d’être impliqués.

Lors de notre passage au district sanitaire de Kébémer, le médecin-chef avait déjà quitté les lieux après avoir transmis son rapport journalier aux autorités administratives et locales. Nous avons échangé avec lui au téléphone par intermédiaires de son personnel pour obtenir les chiffres recensés.

Notre équipe a également tenté de joindre les responsables municipaux, notamment les adjoints au maire, sans succès. Une démarche a ensuite été entreprise auprès des autorités préfectorales afin d’obtenir davantage d’informations sur le dispositif de riposte sanitaire. Mais les services administratifs étaient fermés en raison du week-end et le préfet était absent de sa résidence au moment de notre passage.

En attendant des résultats définitifs sur les causes de cette épidémie, les populations de Kébémer restent dans l’expectative. Entre patients rétablis, personnes encore affaiblies et cas de rechute rapportés, la vigilance demeure de mise.

Avec 548 cas recensés entre le 2 et le 6 novembre 2026, l’enjeu est désormais de circonscrire cette situation, d’en identifier rapidement l’origine et de rassurer les populations.

Reportage : Souveibou Sagna et Aladji Dramane Touré – Envoyés spéciaux.

Source : Kewoulo.info