Après avoir giflé gratuitement un citoyen, les policiers ont interpellé leur victime pour le conduire au commissariat de Ziguinchor. Aux dernières nouvelles, ils seraient à la recherche de l’homme qui a filmé l’humiliante scène qui montre clairement le délit commis par le policier.
Controlé sans casque, un motocycliste a été interpellé par des policiers du commissariat de police de Ziguinchor. Face à l’évidence de l’infraction qu’il venait de commettre, le jeune homme a accepté de laisser sa moto à un agent de police de proximité qui a immobilisé l’engin pour le conduire au commissariat. « Les ASP l’ont trouvé devant la gare routière de Ziguinchor et lui ont demandé les clés de sa moto Jakarta. Il a refusé de leur remettre la clé. C’est ainsi que, au cours des échanges, il leur a dit vous pouvez amener la moto si ça vous chante, tout en leur tournant le dos. » A déclaré un témoin anonyme qui a contacté Kewoulo.
Mais, alors qu’il tournait le dos, le motocycliste a été attrapé par un agent des ASP qui lui ordonné de ne pas quitter les lieux avant l’arrivée de l’agent de la police nationale. « C’est à cet instant-là que j’ai eu le réflexe de filmer l’arrivée du policier. Et ce qui allait suivre« , a confié à Kewoulo un contact. Ce qui allait suivre est sans commentaire. Après avoir interpellé le jeune homme qui lui a expliqué la situation, le policier, censé rassurer le citoyen, n’a rien trouvé de mieux à faire que de gifler tout bonnement le motocycliste.
Après avoir commis cette violence volontaire, gratuitement, devant des dizaines de témoins choqués, le policier, aidé de ses ASP, a tout simplement menotté le motocycliste pour le conduire au commissariat de police de Ziguinchor pour, certainement, lui coller l’outrage à agent dans l’exercice de ses fonctions, insulte et j’en passe. « Depuis sa conduite au commissariat de police, nous n’avons aucune nouvelle de lui », ont témoigné des sources contactées, hier vendredi soir, par Kewoulo. Ce matin, la rédaction de Kewoulo a appris que des policiers seraient à la recherche de Joseph Mendy, le témoin qui a filmé la scène. Nul ne sait pour le moment ce que la police pourrait lui reprocher.
Pour rappel, tout citoyen a le droit de filmer, librement, sur la voie publique comme dans les services accueillant le public en dehors du tribunal et de certains bâtiments pour des raison évidentes de sécurité. En dehors de ces cas exceptionnels, tout citoyen peut filmer tout agent dépositaire de la force publique dans l’exercice de ses fonctions. Aucun policier ou gendarme ne peut contraindre quiconque à ne pas le filmer ou à effacer le contenu de son film. Et on n’a nullement besoin d’être juriste pour savoir que l’acte posé par Joseph Mendy, en filmant cette terrible scène, est un acte de salubrité publique. Dans cette affaire, ce sont les policiers qui doivent être poursuivis pour « abus de pouvoir » et « violences volontaires. »

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