Intelligence artificielle et cybersécurité : le Sénégal face au défi de l’indépendance numérique

Intelligence artificielle et cybersécurité : le Sénégal face au défi de l’indépendance numérique

Président de l’Association sénégalaise des chercheurs en informatique et enseignant-chercheur à l’Université Gaston-Berger (UGB) de Saint-Louis, le professeur Maïssa Mbaye a souligné l’importance de renforcer les capacités nationales en matière de recherche et d’expertise numérique.

« La recherche est une compétition à l’échelle internationale », a-t-il rappelé, expliquant que la CNRIA vise notamment à donner une visibilité internationale aux travaux des chercheurs sénégalais. Ces recherches portent sur des problématiques nationales dans des secteurs aussi essentiels que l’agriculture, la santé et l’environnement, avec l’utilisation des outils numériques.

Pour le professeur Mbaye, cette conférence constitue également un cadre permettant de mieux faire connaître aux populations les résultats des recherches menées au Sénégal.

L’IA, un défi stratégique pour le Sénégal

Le choix de la cybersécurité et de l’intelligence artificielle comme thème central répond, selon lui, à des enjeux majeurs pour le pays. Face à l’essor de l’IA, le Sénégal doit se doter de compétences capables d’en maîtriser les usages et d’en anticiper les risques. « Nous allons subir l’IA de plein fouet. Si le Sénégal n’a pas d’experts dans le domaine de l’IA, on va être frappé par cet outil sans pouvoir se défendre », a averti l’enseignant-chercheur.

Il a également insisté sur la place grandissante de l’intelligence artificielle dans la recherche scientifique, affirmant que 98 % des publications sont de près ou de loin liées à l’IA.

Au-delà de l’intelligence artificielle, la cybersécurité représente un autre défi majeur. Selon le président de l’Association sénégalaise des chercheurs en informatique, le Sénégal pourrait être de plus en plus exposé aux cyberattaques, notamment avec le choix de l’État d’engager une digitalisation intégrale de ses services.

« Quand on digitalise, on devient automatiquement une cible », a-t-il soutenu, soulignant le lien étroit entre la transformation numérique et la nécessité de renforcer les dispositifs de sécurité informatique.

Dans cette perspective, il plaide pour une meilleure orientation des travaux de recherche vers la résolution des problèmes auxquels le pays est confronté. L’objectif est de former des spécialistes de haut niveau, capables de concevoir des solutions adaptées aux réalités nationales, mais aussi d’accompagner les pouvoirs publics dans leurs décisions stratégiques.

De son côté, le directeur général de l’École polytechnique de Thiès, le professeur Mamadou Wade, a salué l’organisation de cette conférence consacrée à deux domaines devenus incontournables dans le processus de digitalisation.

Il estime que cette rencontre offre aux participants l’occasion de mieux comprendre les limites de l’intelligence artificielle et les exigences de sécurité qui doivent accompagner son utilisation.