Air Sénégal : le vol Paris-Dakar au cœur d’une affaire de drogue dure

Air Sénégal : le vol Paris-Dakar au cœur d’une affaire de drogue dure

L’ensemble des stewards et hôtesses de la ligne Dakar-Paris-Dakar d’Air Sénégal sont suspendus. La direction générale de la compagnie a pris cette décision, à titre conservatoire, en attendant l’issue d’une enquête d’Interpol sur un présumé trafic de marchandises dans lequel certains membres de son Personnel navigant commercial (PNC) seraient impliqués.

Profitant de leur statut, les suspects auraient transporté, contre rémunération, notamment pour le compte d’une société enregistrée en France, des colis ordinaires et des bagages hors gabarit tels que des pare-chocs de voitures. D’après L’Observateur, qui a plongé dans cette affaire sulfureuse dans son édition de ce lundi, ces «pratiques auraient fini par attirer l’attention des enquêteurs», qui ont saisi la compagnie dans le cadre de leurs investigations.

Le journal signale qu’un fait «a particulièrement alerté Interpol» : «l’épisode d’un pot de lait contenant de la drogue dure qu’une hôtesse d’Air Sénégal aurait été chargée de transporter pour le compte d’une personne dont l’identité demeure, à ce stade, inconnue. Ce jour-là, au départ de Paris, l’hôtesse avait reçu un appel sur recommandation de l’un de ses collègues lui demandant de transporter le supposé pot de lait. Une fois la marchandise remise, et par mesure de précaution, elle avait procédé à l’ouverture du contenant. À l’intérieur, elle avait découvert un produit suspect qui, après vérification, s’était révélé être de la drogue dure».

Le quotidien du Groupe futurs médias de poursuivre : «Interpellée dans le cadre de cette affaire, [l’hôtesse] avait communiqué aux enquêteurs le numéro du contact ayant livré la commande. Mais, fait pour le moins troublant, ce dernier est devenu injoignable depuis ce jour.»

Ce business, entretenu sur le dos d’Air Sénégal, s’avère lucratif. Les enquêteurs d’Interpol ont en effet relevé, selon L’Observateur, que certains suspects «ont des magasins de pièces détachées, des salons de coiffure, des boutiques d’habillement, des commerces d’encens… Ils travaillent tous avec des sociétés de GP».

Ces pratiques ne sont pas une nouveauté sur les lignes de la compagnie nationale. «Elles s’inscriraient, au contraire, dans une histoire déjà ancienne, marquée par plusieurs épisodes impliquant des membres du Personnel navigant commercial de la compagnie nationale», pointe le quotidien d’information.

Sous l’ancienne direction générale d’Air Sénégal, treize hôtesses et stewards avaient été éclaboussés dans une affaire de trafic de marchandises en provenance de New York. Mais les mesures prises contre les mis en cause avaient été «jugées légères au regard de la faute», relève L’Observateur, qui ne précise pas la nature de celles-ci.

L’actuel patron de la compagnie, Tidiane Ndiaye, avait hérité du dossier. Il avait privé les contrevenants de vols Dakar-Paris-Dakar pendant un an. Mais la réintégration des concernés a coïncidé avec la reprise du trafic qui leur valut une sanction. «Nous croyions qu’ils avaient bien compris la leçon et nous les avons réhabilités, mais c’était une erreur, regrette la direction générale d’Air Sénégal, reprise par L’Observateur. Nous attendons la fin des enquêtes et la mesure qui sera prise contre les coupables sera sans appel.»

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