LE BRIEF | Quelques mois après la reprise du contrôle d’Eneo par l’État, le Cameroun s’oriente désormais vers la renationalisation de la centrale thermique à gaz de Kribi, principale infrastructure gazière du pays avec une capacité de 216 MW. Le gouvernement considère cette opération comme une étape clé pour restaurer l’équilibre financier et opérationnel d’un secteur électrique fragilisé par les dettes, les impayés et les tensions de trésorerie.
Mise en service en 2013 et alimentée par le gaz offshore de Sanaga Sud, la centrale de Kribi représente un pilier stratégique du réseau interconnecté Sud et contribue significativement à l’alimentation électrique nationale. Toutefois, les difficultés financières d’Eneo ont entraîné des interruptions prolongées de production, fragilisant les actifs de Globeleq au Cameroun et poussant le groupe britannique à envisager leur cession. Face à cette situation, Yaoundé a décidé d’activer son droit de préemption afin de reprendre directement le contrôle de cette infrastructure critique.
Cette initiative s’inscrit dans une recomposition plus large du secteur énergétique camerounais, marquée par une montée en puissance de l’État dans les infrastructures stratégiques. En sécurisant le contrôle de la centrale de Kribi, qui représente environ 20 % de l’électricité injectée dans le réseau national, les autorités cherchent à renforcer la stabilité du système électrique dans un contexte où l’hydroélectricité reste fortement exposée aux aléas climatiques et saisonniers.

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